Ils ont créé un oeuf artificiel… pour faire revenir le dodo

Une coquille d’oeuf synthétique a vu le jour. Son but est de faire renaître à la vie des espèces disparues.

Rédigé par , le 21 May 2026, à 9 h 41 min
Ils ont créé un oeuf artificiel… pour faire revenir le dodo
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L’entreprise de biotechnologie Colossal Biosciences a annoncé la naissance de 26 poussins sains grâce à un système d’oeuf artificiel doté d’une coquille synthétique, une innovation biotechnologique révolutionnaire.

L’essentiel

  • Colossal Biosciences annonce la naissance de 26 poussins grâce à un oeuf artificiel.
  • La coquille synthétique reproduit les échanges gazeux naturels d’un vrai oeuf.
  • Cette technologie pourrait servir à ressusciter des espèces disparues comme le dodo.
  • Les scientifiques restent prudents faute de validation par des études indépendantes.
  • Des écologistes rappellent que protéger les espèces actuelles reste prioritaire.

Adapté à des espèces géantes

Cette innovation est présentée par la start-up comme une avancée cruciale pour son objectif à long terme : ressusciter des espèces d’oiseaux disparues, à l’image du dodo de l’île Maurice ou du moa géant de Nouvelle-Zélande. L’entreprise, déjà connue pour ses projets de clonage du mammouth ou du loup sinistre, affirme que la taille de cet oeuf artificiel est modulable et pourrait être adaptée à de futurs embryons d’espèces géantes.

Cette coquille d’oeuf serait capable de protéger l’embryon des microbes tout en laissant passer l’oxygène et en retenant l’humidité. Jusqu’à présent, les tentatives des scientifiques pour faire éclore des oiseaux dans des récipients artificiels se heurtaient à de faibles taux de réussite ou à des risques de dommages génétiques liés aux apports en oxygène. Colossal affirme avoir résolu ce problème grâce à une membrane en silicone ultra-fine et semi-permeable. Celle-ci imite à la perfection les échanges gazeux de la nature, une fenêtre transparente permettant d’observer le développement de l’embryon.

Des obstacles scientifiques et techniques majeurs

Malgré cette avancée, la communauté scientifique reste prudente, car l’annonce n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique validée par des pairs. De plus, les experts rappellent que la coquille n’est qu’un élément du problème : la reproduction des oiseaux est bien plus complexe que celle des mammifères. En effet, l’embryon se développe simultanément avec l’oeuf à l’intérieur de la mère, empêchant le recours à une simple fécondation in vitro. Pour recréer une espèce éteinte, il faudra d’abord réussir à modifier génétiquement l’ADN à un stade ultra-précoce. Une méthode longue, laborieuse et au taux de réussite actuellement très faible.

Néanmoins, cet oeuf artificiel constitue déjà un outil précieux pour les biologistes pour étudier en direct la formation des organes chez l’embryon. Colossal espère également que cette technologie permettra de modifier génétiquement des oiseaux menacés pour les rendre résistants aux maladies ou au changement climatique. Cependant, certains écologistes soulignent que cette approche technologique ne résout pas les causes réelles de la crise de la biodiversité : la protection des oiseaux actuels passe avant tout par la préservation de leurs habitats et la lutte contre les menaces quotidiennes, comme les collisions ou les prédateurs.

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Illustration conçue avec l’aide de l’intelligence artificielle : représentation futuriste d’un oeuf artificiel développé en laboratoire pour la recherche biotechnologique sur les espèces disparues.



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