Accord de Paris : le mouvement climato-sceptique en échec

Ce que les commentaires de l’accord de Paris ne relèvent pas, c’est la défaite définitive des climato-sceptiques en France et de par le monde…

Rédigé par Stephen Boucher, le 14 Dec 2015, à 10 h 55 min

Souvenez-vous : début 2010, surfant sur le tout récent échec de Copenhague, une vague climato-sceptique concertée dans les médias anglo-saxons de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d’Australie attaquait les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour relever des erreurs, montées en épingle pour faire douter de l’opportunité même de la lutte contre le réchauffement de la planète.

Les climato-sceptiques en berne

Le « succès » de l’opération de communication fut sanglant : des mois de rétropédalage de la part du GIEC et des promoteurs d’une lutte plus forte contre les changements climatiques. Au final, les erreurs dénoncées s’avéraient en partie correctes, mais très isolées et mineures par rapport à la masse des preuves accumulées de la responsabilité humaine dans la modification de l’atmosphère. Peu importe, le but des climato-sceptiques avait été atteint : ralentir les décisions et faire naître le doute. La même tactique que celle employée naguère par les industries du tabac sur le lien entre tabagisme et cancer : gagner du temps face à l’évidence.

L’Accord de Paris et assurément les mois qui suivront marquent là aussi un tournant. L’élan constaté, même s’il n’est qu’un « point de départ », montre qu’aucun gouvernement dans le monde, y compris les producteurs d’énergies fossiles, ne conteste la réalité scientifique du changement climatique. Le fait même que l’ambition soit plus forte que limiter le réchauffement à 2 °C d’ici la fin du siècle et aille au-delà montre l’évolution nette des esprits.

Aucun gouvernement dans le monde, y compris les producteurs d’énergies fossiles, ne conteste la réalité scientifique du changement climatique.

 

Le mouvement climato-sceptique enfin aux oubliettes de l’Histoire

Entre temps, la COP21 aura également été marquée par une dénonciation efficace par Greenpeace du fait que certains scientifiques pouvaient être achetés pour propager des arguments climato-sceptiques.

En France, la tentative du dernier quarteron de climato-sceptiques réfugié derrière Claude Allègre – que l’on n’entend plus – à l’Académie des Sciences n’a pu convaincre les autres académiciens. Le débat, acrimonieux, au sein de l’Académie s’est soldé par une absence de visibilité des arguments climato-sceptiques contrastant fort avec la présence médiatique de l’ancien ministre de l’éducation et de la recherche sur ces questions en 2010.

Même aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où la voix climato-sceptiques reste beaucoup plus forte, les sondages montrent que l’opinion publique comprend largement la réalité du changement climatique et l’agitation des opposants à la lutte contre le réchauffement ne sont pas au pouvoir. La victoire de Hillary Clinton assurerait une continuité dans le soutien décisif que le Président Obama a apporté à ce combat en menant personnellement des négociations bilatérales avec la Chine pour assurer un accord à Paris. Une victoire républicaine assurément signifierait un recul décisif.

Enfin, les changements récents de majorité politique en Australie et au Canada ont été pour une large part dans le succès de Paris.

En somme, les climato-sceptiques sont jusqu’à preuve du contraire un reliquat de l’Histoire. La page se tourne. Les sursauts du lobby des énergies fossiles se manifesteront dans les années à venir, mais Paris marque un coup décisif et tourne la page du climato-scepticisme.

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

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