La caféine pour lutter contre la maladie d’Alzheimer ?

Une nouvelle étude vient confirmer l’intérêt de la caféine dans la prévention du déclin cognitif et de la maladie d’Alzheimer.

Rédigé par , le 10 May 2026, à 14 h 18 min
La caféine pour lutter contre la maladie d’Alzheimer ?
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Alors que des centaines de milliers de Français sont atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre maladie apparentée, on en sait chaque jour un peu plus sur les facteurs génétiques et environnementaux faisant qu’elle se développe.

Lutter contre le déclin cognitif

Une nouvelle étude confirme l’intérêt de la caféine en soi comme piste de traitement dans la prévention du déclin cognitif et de la maladie d’alzheimer. Cette nouvelle étude des chercheurs et des chercheuses de l’Inserm, du CHU de Lille et de l’Université de Lille, au sein du centre de recherche Lille Neuroscience et cognition, a vu ses résultats publiés dans la revue Brain. 

Leurs résultats viennent confirmer l’intérêt qu’il y aurait à conduire des essais cliniques afin de mesurer les effets de la caféine sur le cerveau de patients à un stade précoce de la pathologie. Plusieurs études suggéraient déjà qu’une consommation régulière et modérée de caféine (soit une consommation de 2 à 4 tasses de café par jour) pouvait contribuer à ralentir le déclin cognitif lié au vieillissement et le risque de développer la maladie d’Alzheimer.

Une étude de grande ampleur

Une vaste étude américaine réalisée auprès de 131821 personnes, avec un suivi étalé sur 43 ans permet d’en savoir plus : en effet, deux à trois tasses de café par jour réduisent de 18 % le risque de démence. Tels sont les bienfaits réels de la caféine, selon les résultats publiés dans le JAMA. Les participants à cette étude, la plus vaste jamais menée, ont été interrogés toutes les deux à quatre ans. Au total, 11033 cas de démence ont été recensés.

Mais au passage, cette étude aura permis de comparer les conséquences d’un consommation de café caféiné, de café décaféiné et de thé, ce que la plupart des recherches antérieures ne faisaient pas. Ainsi, les personnes consommant les plus grandes quantités de café caféiné présentaient un risque de développer une démence inférieur de 18 % à ceux qui n’en buvaient pas ou peu. Avec en sus un taux plus faible de déclin cognitif subjectif (7,8 % contre 9,5 %) et de meilleurs résultats à certains tests cognitifs objectifs.

Le décaféiné inefficace

Étonnamment, aucun bénéfice n’a été observé chez les consommateurs de café décaféiné. Cela semble lié à l’action de la caféine sur le cerveau : elle bloque un récepteur dit « adénosinergique A2A » modulant les signaux envoyés par certains neurones. Or ces récepteurs agissent également dans la libération de substances pro-inflammatoires pouvant endommager le cerveau. Une boisson chaude sans caféine est incapable d’actionner ce verrou biologique.

Cette piste comme stratégie de prévention de la démence vient s’ajouter à tous les efforts faits pour combattre la maladie et ses effets. Aux États-Unis comme au Japon, l’istradefylline, un antagoniste sélectif du récepteur A2A, a déjà été approuvé depuis 2019 afin de traiter la maladie de Parkinson depuis 2019. En attendant, rien ne vous empêche de toutes façons de prendre quelques tasses de bon café par jour. Pour le plaisir, et pour la santé.

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