Voiture : les hybrides rechargeables consomment trois fois plus de carburant qu’annoncé

Les hybrides rechargeables devaient incarner la mobilité verte de transition. Pourtant, selon une vaste étude européenne, ces hybrides rechargeables consomment en réalité beaucoup plus de carburant que ce qui est annoncé par les constructeurs, ce qui interroge directement leur pertinence environnementale et leur place dans les politiques climatiques.

Rédigé par , le 24 Feb 2026, à 11 h 40 min
Voiture : les hybrides rechargeables consomment trois fois plus de carburant qu’annoncé
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Selon une étude menée par le Fraunhofer ISI en collaboration avec l’Öko-Institut et l’institut ifeu, fondée sur des données embarquées collectées entre 2021 et 2023 sur 981.035 véhicules à travers l’Europe, les hybrides rechargeables sont censées réduire la consommation de carburant grâce à leurs batteries et à la possibilité de les recharger, les chiffres réels racontent une autre histoire.

Les hybrides rechargeables consomment trois fois plus de carburant qu’annoncé

D’après les données issues du système européen OBFCM, qui enregistre la consommation réelle des véhicules, les hybrides rechargeables affichent une moyenne de 6,12 litres de carburant aux 100 kilomètres, alors que la valeur officielle certifiée selon le cycle WLTP est de 1,57 litre aux 100 kilomètres. Autrement dit, ces hybrides rechargeables consomment environ 3,26 fois plus de carburant que ce qui est mis en avant dans les catalogues. Il existe donc un décalage massif entre laboratoire et route, alors même que les batteries sont censées réduire la dépendance au carburant.

En outre, l’écart moyen dépasse 300 %, ce qui remet en cause la crédibilité environnementale de ces hybrides rechargeables. Les chercheurs constatent par ailleurs que la part de kilomètres réellement parcourus en mode électrique reste faible. Ainsi, la conduite 100 % électrique représenterait seulement 27 % à 31 % des trajets dans de nombreux cas. Par conséquent, même si les batteries permettent théoriquement de recharger pour rouler sans carburant, dans la pratique les hybrides rechargeables consomment bien davantage que prévu.

Pourquoi les hybrides rechargeables consomment-elles autant de carburant ?

D’abord, les hybrides rechargeables reposent sur un principe simple : recharger régulièrement leurs batteries pour maximiser la part électrique et limiter le recours au carburant. Toutefois, dans les faits, beaucoup d’utilisateurs ne rechargent pas systématiquement leur véhicule. Dès lors, le moteur thermique s’active plus fréquemment, ce qui fait grimper la consommation de carburant. L’étude montre que l’utilisation réelle des batteries est nettement inférieure aux hypothèses retenues lors des tests d’homologation. Ainsi, même si les hybrides rechargeables sont capables de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en électrique, encore faut-il les recharger régulièrement.

Ensuite, le poids supplémentaire des batteries pénalise l’efficacité énergétique lorsque le véhicule roule en mode thermique. En effet, une hybride rechargeable transporte à la fois un moteur thermique, un moteur électrique et des batteries parfois volumineuses. Or, si l’on ne recharge pas suffisamment, ce surpoids augmente la consommation de carburant. Les émissions de CO₂ et la consommation réelle peuvent être trois à cinq fois supérieures aux valeurs officielles. De ce fait, les hybrides rechargeables consomment plus de carburant non seulement à cause du comportement d’usage, mais aussi en raison de leur conception technique.

Mobilité verte : comment choisir face aux hybrides rechargeables ?

Dans le contexte de la mobilité verte, ces résultats obligent à reconsidérer le rôle des hybrides rechargeables. Certes, elles peuvent réduire la consommation de carburant si elles sont rechargées très fréquemment et utilisées majoritairement sur de courts trajets. Cependant, si l’accès à une borne pour recharger est limité, ou si les trajets sont longs et autoroutiers, alors les hybrides rechargeables consomment presque autant qu’un modèle thermique classique. Ainsi, la moyenne réelle de 6,12 litres aux 100 kilomètres se rapproche de celle de nombreuses berlines essence récentes, alors même que les batteries augmentent le coût d’achat.

Ces écarts devraient être pris en compte lors de l’élaboration des politiques publiques. Les hybrides rechargeables bénéficient souvent d’avantages fiscaux ou réglementaires fondés sur les émissions WLTP. Or, si la consommation réelle de carburant est 3,26 fois supérieure aux valeurs officielles, l’impact climatique réel est également plus élevé. Cette situation pourrait conduire les autorités européennes à revoir les règles d’homologation. Ainsi, pour un consommateur soucieux de l’environnement, il devient crucial d’évaluer ses habitudes : possibilité de recharger à domicile, fréquence des longs trajets, et discipline de recharge. Sans cela, les hybrides rechargeables consomment davantage de carburant qu’annoncé, malgré leurs batteries sophistiquées et leur promesse de mobilité verte.

L’étude a été menée par le Fraunhofer ISI en collaboration avec l’Öko-Institut et l’institut ifeu, à partir des données du système européen OBFCM (On-Board Fuel Consumption Monitoring).

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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