Heures creuses : vos horaires vont-ils changer en 2026 ?
La réforme de la tarification de l’électricité entre dans sa phase la plus importante : 9,3 millions de foyers verront leurs horaires d’heures creuses modifiés entre fin 2026 et octobre 2027.

Depuis le 1er novembre 2025, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a engagé une refonte complète du système des heures creuses et pleines. Après une première phase concernant 1,7 million de foyers jusqu’en juin 2026, une deuxième vague dix fois plus importante s’enclenche : 9,3 millions de clients supplémentaires verront leurs horaires d’heures creuses modifiés entre le second semestre 2026 et octobre 2027.
Ce qu’il faut retenir :
Dès décembre 2026, 9,3 millions de clients verront leurs heures creuses évoluer. Chaque foyer conservera huit heures à tarif réduit par jour, dont au moins cinq heures consécutives la nuit. Certains créneaux seront déplacés entre 11 heures et 17 heures, notamment en été. Les appareils programmés manuellement devront être réglés sur les nouveaux horaires.
Des heures creuses qui changent selon les saisons
La nouveauté radicale réside dans l’introduction d’une tarification saisonnière. Les plages d’électricité à tarif réduit varieront selon que l’on se trouve en période estivale (du 1er avril au 31 octobre) ou hivernale (du 1er novembre au 31 mars). L’essor massif du photovoltaïque a transformé le mix électrique français : la production d’électricité atteint désormais son pic entre 11 heures et 17 heures durant les mois ensoleillés, inversant la logique historique héritée de l’ère du tout-nucléaire. Enedis estime que la réforme permettra de déplacer environ 5 gigawatts de consommation vers les après-midis des mois les plus ensoleillés, soit l’équivalent de la production de plusieurs réacteurs nucléaires. Un enjeu considérable pour la stabilité du réseau et la décarbonation effective de la consommation électrique.
Qui est concerné par les nouveaux horaires pour les heures creuses ?
Sur les 14,5 millions de foyers français ayant souscrit une option heures pleines et heures creuses, 3,5 millions disposent déjà d’horaires conformes aux nouvelles règles et ne connaîtront aucune modification. Les 11 millions restants basculeront progressivement vers le nouveau système. La première vague, achevée en juin 2026, a touché les clients dont les heures creuses étaient placées sur des créneaux matinaux ou en début de soirée, voués à disparaître.
La deuxième étape, en cours de déploiement, concerne donc 9,3 millions de clients résidentiels, avec des bascules étalées jusqu’à l’automne 2027. Les clients professionnels suivront d’ici fin 2027. Le calendrier précis varie commune par commune, car Enedis fixe les nouveaux horaires en fonction des contraintes locales du réseau électrique.
Impossible de connaître à l’avance la date exacte de son propre basculement. Le circuit d’information fonctionne ainsi : Enedis prévient les fournisseurs d’électricité six mois avant chaque changement, et les fournisseurs doivent notifier leurs clients au moins un mois avant la date effective, par courrier postal ou courriel. Les nouveaux horaires figureront ensuite sur la facture, dans l’espace client en ligne et sur l’application mobile du fournisseur.
Les nouveaux créneaux horaires en détail
Le principe de base demeure inchangé : chaque foyer conserve huit heures creuses par jour. Leur répartition se transforme radicalement. Les nouveaux horaires comportent au moins cinq heures consécutives la nuit, situées entre 23 heures et 7 heures du matin. À cela s’ajoute un bloc pouvant atteindre trois heures l’après-midi, entre 11 heures et 17 heures.
Les créneaux du matin (7 heures à 11 heures) et de début de soirée (17 heures à 23 heures) disparaissent progressivement. Avec le développement massif des panneaux solaires en France, l’électricité devient désormais la plus abondante et la moins chère à la mi-journée, quand les installations photovoltaïques produisent à plein régime.
La vraie innovation de la deuxième vague réside dans la saisonnalité. En été, du 1er avril au 31 octobre, les foyers concernés bénéficieront d’heures creuses l’après-midi en complément de celles de la nuit. Concrètement, un ménage pourrait avoir des heures creuses de 23 heures à 7 heures, puis de 13 heures à 15 heures, par exemple. En hiver, du 1er novembre au 31 mars, lorsque la production solaire se fait rare, les huit heures pourront être regroupées la nuit, typiquement de 23 heures à 7 heures du matin.
La modulation saisonnière vise à mieux épouser les courbes de production d’énergie renouvelable. Lancer son ballon d’eau chaude ou recharger sa voiture électrique à 14 heures devient ainsi un geste à la fois rentable pour le portefeuille et bénéfique pour le réseau, permettant de consommer une électricité réellement décarbonée au moment où elle est la plus disponible.
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Comment adapter ses équipements pour en profiter pleinement
La bascule vers les nouveaux horaires s’effectue automatiquement et à distance via le compteur Linky. Aucune intervention à domicile, aucun changement de compteur ni modification de contrat ne sont nécessaires. Pour l’équipement le plus répandu dans les foyers français, le ballon d’eau chaude raccordé à un contacteur jour-nuit, le changement sera transparent : le compteur pilote directement son déclenchement.
En revanche, tous les appareils reposant sur une programmation manuelle devront être mis à jour. Sont particulièrement concernés :
- les bornes de recharge pour voitures électriques réglées sur les anciens créneaux horaires ;
- les lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle lancés en départ différé ;
- les radiateurs électriques, pompes à chaleur et chauffe-eau pilotés par une horloge de programmation ;
- les systèmes domotiques programmés pour déclencher certains équipements durant les heures creuses.
Un oubli de reprogrammation ne coupera aucun appareil, mais il pèsera sur la facture. Un équipement qui continue de fonctionner sur les anciens horaires consommera pendant les heures pleines, facturées entre 20 et 30 % plus cher que les heures creuses selon les offres commerciales. Pour un foyer équipé d’une voiture électrique rechargée quotidiennement, l’écart peut représenter plusieurs centaines d’euros par an.
Vérifier la rentabilité de son option tarifaire
Le grand chamboulement constitue également l’occasion de réinterroger la pertinence de son contrat d’électricité. Une option heures pleines et heures creuses n’est avantageuse que si une part suffisante de la consommation bascule réellement sur les créneaux à prix réduit. En général, il faut qu’au moins 30 à 35 % de la consommation annuelle se concentre sur les heures creuses pour compenser le surcoût de l’abonnement.
Les nouveaux horaires d’après-midi favorisent nettement les foyers présents en journée : télétravailleurs, retraités, familles équipées d’une voiture électrique ou d’une climatisation. Les ménages pourront désormais profiter pleinement des tarifs réduits pour faire tourner leurs appareils énergivores durant les heures ensoleillées.
À l’inverse, un ménage absent toute la journée, sans véhicule électrique et déjà peu consommateur la nuit, peut avoir intérêt à repasser en option Base, où le prix du kilowattheure reste identique quelle que soit l’heure. Certains fournisseurs proposent également des offres spécifiques, parfois plus avantageuses selon les profils de consommation. Les écarts de prix entre fournisseurs restent importants, y compris sur les offres heures pleines et heures creuses.
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