Grèce : quand l’industrie pétrolière menace les cétacés de la fosse hellénique

Depuis 2012, des concessions pétrolières et gazières offshore, représentant 72 % des eaux territoriales grecques, ont été accordées à six compagnies.

Rédigé par Paul Malo, le 15 Jun 2019, à 10 h 15 min

Du fait de la multiplication des concessions, l’industrie gazière et pétrolière menace de plus en plus les cétacés de la fosse hellénique.

Les dangers des activités d’exploration et de production pétrolière

Ce n’est hélas pas une nouveauté : déjà, en 2016, l’association WWF publiait un rapport détaillé sur l’impact des activités économiques sur le milieu marin en Méditerranée. Le développement du trafic maritime, et de la pollution sonore qui va avec, n’apparaissaient déjà guère compatibles avec une protection accrue des milieux marins…

Une plateforme pétrolière offshore © Andriy Markov

Ce rapport insistait également sur les dangers des activités d’exploration et de production pétrolière et gazière en Méditerranée, qui repart à la hausse avec celle du prix du baril.

À l’heure actuelle, c’est du côté de la fosse hellénique que l’inquiétude monte(1). Va-t-on remplacer les dauphins et autres espèces par des forages pétroliers ? Au-delà des dauphins, ce sont toutes les espèces sous-marines, des tortues aux phoques moines méditerranéens qui seraient mises en danger par les explorations d’éventuels gisements d’hydrocarbures sur la côte ouest grecque.

72 % des eaux territoriales du pays en concession

Entre le nord de Corfou et la mer Ionienne au sud de la Crète, la fosse hellénique représente l’équivalent de 56.000 mètres carrés, soit près de deux fois la taille de la Belgique. L’exploration par l’industrie gazière et pétrolière pourrait débuter à la fin de cette année. Les campagnes menées par le WWF ont déjà permis aux îles de Corfou, Kefalonia, Zakynthos et Ithaque de prendre conscience du danger que ces activités représentent.

Les forages vont-ils chasser les dauphins ? © LABETTAA Andre

Le WWF a récemment appelé à la vigilance quant aux effets potentiellement dévastateurs pour l’emploi et la nature de « déversements pétroliers incontrôlés ». Deux compagnies pétrolières ont déjà été nommément associées à de tels déversements dévastateurs en mer, l’américaine ExxonMobil et la multinationale française Total.

Depuis 2012, des concessions pétrolières et gazières offshore représentant 72 % des eaux territoriales du pays, croulant toujours sous les dettes, ont été accordées à six compagnies, quatre multinationales et deux grecques.

Une centaine de scientifiques et de groupes écologiques sonnent l’alarme

Le WWF Grèce et Greenpeace sont récemment allés jusque devant la plus haute cour administrative grecque, à Athènes, le Conseil d’État, afin que soient annulées les concessions de deux grandes compagnies pétrolières dans les eaux de l’ouest et du sud-ouest de la Crète.

Un phoque moine en pleine nage sous-marine © zaferkizilkaya

Une action menée peu après qu’une centaine de scientifiques et de groupes d’écologistes aient publié une déclaration commune quant aux risques mortels d’une telle exploration.

Pour les signataires de cette déclaration, la Grèce ferait mieux de suivre les décisions des autres pays de l’Union, en se dirigeant vers les énergies renouvelables plutôt que vers les hydrocarbures, une des principales causes du changement climatique. Mais ils dénoncent également d’autres dangers tels que le trafic maritime croissant, les polluants plastiques et les émissions des radars militaires, pour la faune aquatique.

Illustration bannière : Va-t-on bientôt voir des forages au large de ces payasages ? – @ leoks

 

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