Changement climatique : des centaines de plantes en fleurs au Nouvel An

Au Royaume-Uni, les plantes sauvages ont surpris les botanistes autour du Nouvel An, avec des centaines d’espèces en fleurs au lieu des quelques dizaines habituelles, fournissant une preuve du rôle du changement climatique sur les cycles naturels végétaux, selon une analyse récente menée par des scientifiques du Met Office et de la Botanical Society of Britain and Ireland.

Rédigé par , le 10 Jan 2026, à 10 h 37 min
Changement climatique : des centaines de plantes en fleurs au Nouvel An
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En ce début d’année 2026, une enquête citoyenne sur la floraison hivernale révèle un nombre historique de plantes observées en fleurs autour du Nouvel An au Royaume-Uni, remettant en question les attentes habituelles à cette saison froide en Europe.

Des relevés phénologiques hors normes expliquent l’ampleur du phénomène

Sur la période autour du Nouvel An, des milliers de naturalistes bénévoles ont participé à la « New Year Plant Hunt », une opération annuelle organisée par la Botanical Society of Britain and Ireland (BSBI) pour recenser les plantes en fleurs dans toute la Grande-Bretagne et l’Irlande. Cette activité s’inscrit dans la discipline scientifique de la phénologie, qui étudie les stades saisonniers de la vie végétale en fonction des paramètres climatiques. Lors de l’édition 2025, les résultats ont dépassé toutes les prévisions. Les enquêteurs ont comptabilisé 310 espèces locales de plantes en fleurs autour du Nouvel An, alors que la moyenne attendue à cette période était d’environ 10 espèces.

Un chiffre nettement plus élevé que la normale, qui inclut notamment des silhouettes familières comme les marguerites et les pissenlits en fleurs malgré l’hiver. Quand on intègre les plantes non indigènes, le total grimpe encore à 646 espèces observées en fleur, une diversité qui illustre la prolifération de fleurs colorées même en plein mois de janvier. Kevin Walker, responsable scientifique de la BSBI, souligne ce constat dans communiqué scientifique relayé par le Met Office : « Cette nouvelle analyse montre un lien très clair entre l’augmentation des températures et les impacts sur nos espèces végétales. Cela constitue encore une preuve supplémentaire que le changement climatique affecte notre faune et flore sans distinction. C’est un signal visible que chacun peut voir dans son propre jardin et sa communauté ».

Des fleurs observées en plein hiver

Des fleurs observées en plein hiver, un phénomène de plus en plus fréquent avec la hausse des températures.

Un lien direct avec les températures hivernales et changement climatique

Les scientifiques ont relié ces observations aux variations thermiques enregistrées au cours des mois qui précèdent le Nouvel An. Selon l’équipe d’analyse du Met Office, pour chaque degré Celsius supplémentaire en moyenne pendant novembre et décembre, ce sont environ 2,5 espèces de plantes de plus qui sont observées en fleurs autour du Nouvel An. Cette relation établie à partir de milliers de relevés botanique sur dix années, révèle une corrélation robuste entre températures plus élevées et floraison en plein hiver.

Elle s’ajoute aux observations climatiques globales selon lesquelles 2025 s’annonce comme l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées au Royaume-Uni. La docteure Debbie Hemming, climatologue, insiste : « Ces résultats montrent comment la hausse des températures et l’augmentation des événements météorologiques extrêmes modifient les cycles naturels de nos plantes et de notre faune, apportant une preuve tangible que le changement climatique influence directement le monde qui nous entoure ».

Des signaux visibles dans les jardins

Au-delà des chiffres, ce phénomène a un impact perceptible dans les espaces verts du quotidien. Même des plantes que l’on associe traditionnellement au printemps ou à l’été, comme diverses fleurs sauvages (par exemple la marginale vergerette du Mexique ou certaines lamelles colorées), ont été observées en fleurs lors de ces relevés de Nouvel An.

Cette prolifération inattendue modifie non seulement le calendrier botanique traditionnel, mais elle peut aussi perturber la synchronisation entre la disponibilité des fleurs pour les pollinisateurs et les cycles de vie d’autres espèces animales dépendantes de ces ressources. Ainsi, l’abondance de plantes en fleurs en hiver pourrait influer sur les interactions écologiques locales, notamment la nutrition des insectes et oiseaux.

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Rédactrice dans la finance, l'économie depuis 2010 et l'environnement. Après un Master en Journalisme, Stéphanie écrit pour plusieurs sites dont Economie...

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