Qu’avons-nous fait à nos poulets en seulement 60 ans d’exploitation ?

Par leur nombre et leur morphologie, les poulets d’élevage, devenus les volatiles les plus nombreux sur Terre, constituent un marqueur tout désigné de notre ère, l’Âge de l’Homme ou Anthropocène.

Rédigé par MEWJ79, le 14 Dec 2018, à 10 h 10 min

Au fil du temps, l’homme a transformé la morphologie du poulet. Sa consommation pourrait conduire à utiliser son squelette fossilisé comme marqueur géologique de l’Âge de l’Homme, appelé « anthropocène ».

L’élevage intensif par les humains a modifié la morphologie du poulet en très peu de temps

Trois fois plus gros qu’à l’époque romaine, deux fois plus grands, les poulets d’élevage ont vu leur morphologie totalement modifiée par les hommes en quelques décennies, affirment des scientifiques de l’Université de Leicester en Angleterre.

Ils sont donc bien loin du volatile sauvage d’Asie, domestiqué il y a 8.000 ans.

Des poulets beaucoup plus gros que leurs lointains ancêtres. ©Cat Act Art

Les scientifiques, dont les travaux ont été publiés dans le Royal Society Open Science(1), détaillent : « Les poulets d’élevage sont un symbole de la transformation forcée de la biosphère par l’être humain pour satisfaire ses modes de consommation ». Au fil du temps, les poulets sont devenus, de loin, les oiseaux les plus nombreux au monde.

Croissance extrêmement rapide, squelette surdimensionné, pattes difformes, composition chimique des os et génétique distinctes, nombreux problèmes de santé et espérance de vie courte…« Le poulet d’élevage est méconnaissable par rapport à ses ancêtres ou ses congénères sauvages » explique Carys Bennett, co-auteure de l’étude.

Le poulet, marqueur géologique de notre ère

En effet, l’équipe de scientifiques insiste sur l’impact de cette industrie du poulet sur la nature. Aujourd’hui, 23 milliards de poulets vivent sur Terre. À titre de comparaison, 23 milliards, c’est, par exemple, 40 fois plus que le nombre de moineaux.

La quantité d’os générée se retrouvera en partie fossilisée.

Par conséquent, leur consommation pourrait conduire à utiliser leur squelette fossilisé comme marqueur géologique de l’Âge de l’Homme, appelé « anthropocène ».  Les générations futures retrouveront donc dans le sol la trace de ces milliards de poulets de batterie comme on a pu retrouver les squelettes de mammouths de la Préhistoire.

Illustration bannière : groupe de poulets – © Aksnova Natalya
Références :
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Il a fallu faire un choix: soit l’élevage extensif de qualité mais menacé par les prédateurs terrestres (renards, mustélidés…) et ailés (rapaces, corvidés), les écologistes ont choisi de favoriser l’élevage intensif en surprotégeant les rapaces, renards et autres mustélidés, il vous faut assumer ce choix qui a grandement favorisé l’élevage intensif au détriment des élevages à taille humaine… mais oui je sais le renard ne mange que des mulots… sauf qu’en 15 ans j’ai perdu 2 fois l’intégralité de mon élevage à cause du goupil, bon je me suis vengé le lendemain quand celui-ci a voulu récupéré le reste des cadavres.

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