500 ans de données climatiques dans une grotte en Chine révèlent ce qui nous attend

Rédigé par Elodie, le 21 Aug 2015, à 12 h 00 min

Des graffitis découverts dans la grotte de Dayu, dans la province de Shaanxi en Chine, inscrits il y a 500 ans, montrent la chronologie des changements climatiques et ses conséquences sur sa population, mais aussi les prévisions météorologiques jusqu’à 2042. Des données régulièrement actualisées par la population au fil des siècles : au moins 70 fois de 1520 à 1920.

Données climatiques : les conséquences des changements de climat depuis 1520

Les récits écrits dans la grotte de Dayu dans la province de Shaanxi en Chine dépeignent les souffrances endurées par la population lors de périodes météorologiques difficiles.

Une inscription datant de 1891 se lisant ainsi, « Le 24 mai, 17e année de la période de l’empereur Guangxu, dynastie Qing, le maire local, Huaizong Zhu a conduit plus de 200 personnes dans la grotte pour obtenir de l’eau », montre ici comment le maire a procédé pour faire survivre ses habitants face à une grande sécheresse. Il est aussi ajouté qu’une « diseuse de bonne aventure nommée Zhenrong Ran a prié pour la pluie lors de la cérémonie » montrant ainsi la corrélation faite par la population entre la météo et ses croyances spirituelles.

Les différents épisodes de sécheresse durant cette décennie ont aussi conduit à une famine extrême qui a déclenché l’instabilité sociale dans la région menant ainsi à des conflits entre le gouvernement et les civils en 1900.

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Région de Shaanxi, où se trouve la grotte de Dayu

Il ne s’agissait pas là de la première sécheresse qu’ait connu la région. En 1528, une autre sécheresse a amené les habitants affamés au cannibalisme.

Le chercheur principal, le Dr Likangcheng Tan, de l’Académie chinoise des Sciences de Xiian, a aussi déclaré au magazine Scientific Report(1) : « Il y a des exemples de choses comme des restes humains, des outils et de la poterie ayant été trouvés dans des grottes, mais il est exceptionnel de trouver quelque chose comme ces inscriptions datées ». Il ajoute aussi que « combiné avec les preuves trouvées dans les formations physiques dans la grotte, les inscriptions sont un moyen crucial pour nous de confirmer le lien entre le climat et la trace géochimique dans la grotte, et l’effet que la sécheresse a sur un paysage ».

7 sécheresses en 500 ans et le rôle d’El Niño

Les sept sécheresses décrites sur les inscriptions (1528, 1596, 1707, 1756, 1839, 1891, 1894) aux murs de la grotte sont donc aussi reflétées par le profil chimique analysé récupéré dans la grotte. Les analyses se sont portées sur les isotopes stables et oligo-éléments contenus dans les stalagmites du lieu. Les concentrations de certains éléments étaient fortement corrélées à des périodes de sécheresse déjà mentionnés dans les récits. Ces analyses permettent donc de montrer la véracité des épisodes climatiques contés dans la grotte.

Ces changements climatiques pourraient aussi expliquer la disparition de certaines dynasties chinoises lors des années 1800, comme les dynasties des Tang, Yuan et Ming.

Il est à souligner aussi que ces sécheresses correspondant au cycle de El Niño et, en raison des changements climatiques causés par l’Homme, il est à prédire que les sécheresses seront de plus en plus dures dans les Monts Qinling en Chine.

Le Nostradamus de la météo

C’est d’ailleurs en utilisant ce moyen d’analyse des stalagmites que les scientifiques ont pu prédire de futures sécheresses dans la région, dont une à la fin des années 2030.

Des catastrophes météorologiques qui pourraient menacer la biodiversité des Monts Qinling en Chine, principal point de ravitaillement en eau et en nourriture de nombreuses espèces menacées comme le panda géant.

Néanmoins, ces données climatiques pourraient également permettre de mettre en place une stratégie d’adaptation des futurs épisodes de précipitations et/ou des épisodes de sécheresse pour que ceux-ci aient un impact négatif moindre sur les écosystèmes de la région.

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L’Homme aura donc un rôle à jouer pour trouver ces solutions et ainsi éviter la disparition d’espèces vivantes et le déplacement de la population locale. Surtout que 70 % des précipitations tombent en quelques mois lors des moussons en été.

Les chercheurs dans la grotte ont aussi tenu à souligner dans leur rapport que le manque d’eau a déjà été la cause de disparitions de certaines civilisations dans l’Histoire comme celle des Mayas sur le continent américain. Nous avons de fait toutes les données climatiques. Saurons-nous en tirer les conséquences ?

Références :
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Optimiste (un peu trop parfois), je suis une éternelle rêveuse qui collectionne les Petit Prince dans toutes les langues étrangères. A part la lecture, je...

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