Jour du Dépassement 2020 – 3 semaines de retard… grâce au confinement

Les confinements décrétés un peu partout dans le monde dans la première moitié de 2020 ont aussi eu un impact positif sur l’environnement : le Jour du Dépassement tombera cette année le 22 août, soit trois semaines plus tard qu’en 2019.

Rédigé par Anton Kunin, le 22 Aug 2020, à 7 h 49 min

En 2020, l’humanité a consommé les ressources de la planète à moindre rythme. Une diminution historique, puisque c’est la plus importante jamais réalisée en une seule année depuis le début du dépassement mondial au début des années 1970. Le confinement quasi-planétaire y est pour quelque chose…

En 2020, le Jour du Dépassement (Earth Overshoot Day) tombe trois semaines plus tard

Devenu un véritable indicateur de la santé de la planète, le Jour du Dépassement 2020, calculé chaque année depuis 2003 par l’institut de recherches Global Footprint Network, tombe aujourd’hui : samedi 22 août… Soit trois semaines plus tard qu’en 2019.

En un an, l’humanité consomme 160 % des ressources en mesure de se renouveler sur la même période

De quoi parle-t-on ? Le Jour du Dépassement correspond à la date à la quelle l’humanité a consommé toutes les ressources biologiques de la planète qui sont en mesure de se renouveler tous les ans.
À compter du Jour du Dépassement, l’humanité vit en quelque sorte à crédit – sur les ressources des générations futures – jusqu’au 31 décembre, en consommant des ressources qui n’ont pas le temps de se renouveler.

À l’heure actuelle, nous consommons à peu près 160 % des ressources renouvelables. Autrement dit, nous nous permettons de consommer autant que si nous vivions sur 1,6 planète.

Un progrès par rapport à 2019, mais qui reste largement insuffisant

Les progrès de l’année sont bien insuffisants – © Mila Supinskaya Glashchenko

Pour calculer le Jour du Dépassement, Global Footprint Network compile chaque année et pour chaque pays 15.000 données communiquées par les organisations onusiennes. Il ressort de ses calculs qu’en 2020, au 29 juillet (date du Jour du Dépassement en 2019), l’humanité a finalement consommé 9,3 % de ressources en moins que l’année dernière.
Notamment, la consommation de produits du bois (-8,4 % par rapport à 2019), et les émissions de CO2 (-14,5 % par rapport à 2019) [estimations de juin 2020]. La mise à l’arrêt des industries (et de l’économie) et le confinement des populations ont logiquement permis d’éviter temporairement la surexploitation des ressources
Par contre, en ce qui concerne l’empreinte alimentaire, la pandémie a considérablement perturbé le système alimentaire mondial, augmentant à la fois le gaspillage alimentaire et la malnutrition parmi les populations à faible revenu. En conséquence, Global Footprint Network suppose prudemment que notre empreinte alimentaire reste inchangée…

En même temps, Global Footprint Network rappelle que cette plus faible consommation des ressources de la planète sur la première moitié de 2020 est clairement insuffisante au regard tant de l’équilibre écologique que du bien-être des populations, deux composantes essentielles à un écosystème durable. Le 22 août, c’est encore bien trop tôt !

Accélérer les solutions #MoveTheDate of Earth Overshoot Day

Reporter la date du Jour du Dépassement Mondial de 5 jours par an permettrait à l’humanité d’équilibrer la compatibilité avec la Terre avant 2050.
Des solutions pour faire reculer cette date (#MoveTheDate) sont nombreuses et financièrement avantageuses : on peut les retrouver sur la plateforme (en anglais) #MoveTheDate où chacun est invité à promouvoir les solutions qui marchent, entrer en contact avec d’autres citoyens du monde engagés, en fonction de sa localisation géographique ou de ses centres d’intérêt, afin d’accélérer la mise en oeuvre de nouveaux projets à travers le monde !

Pour connaitre votre jour du dépassement personnel et réaliser combien de planètes il faudrait si tout le monde avait votre mode de vie, c’est ici (en anglais) !

Illustration bannière : Le jour du dépassement 2020 décalé par le Covid-19 – © Tomas Ragina
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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