Cartel du bio : Carrefour et Intermarché sanctionnés
Pendant des années, la grande distribution et syndicat se sont mis d’accord pour pouvoir vendre plus cher les produits bio.

Pendant sept ans, les filiales bio de Carrefour et d’Intermarché, mais aussi le syndicat de la filière, Synadis Bio ont « pris part à une entente unique, complexe et continue ».
Une absence de concurrence directe
Le 16 avril 2026, l’Autorité de la concurrence a infligé une amende totale de 12,7 millions d’euros aux groupes Carrefour et Intermarché, ainsi qu’au syndicat professionnel Synadis Bio. Une sanction qui fait suite à la découverte d’un véritable « cartel du bio » ayant opéré pendant plus de sept ans, à partir de 2016. L’autorité reproche à ces trois acteurs d’avoir mis en place une véritable stratégie collective visant à segmenter artificiellement le marché de la distribution des produits issus de l’agriculture biologique.
Le coeur de la fraude résidait dans une répartition concertée des marques de fournisseurs entre deux réseaux : d’une part les grandes surfaces généralistes, d’autre part les magasins spécialisés. En s’assurant que les mêmes références ne se retrouvent pas simultanément dans les deux canaux, les distributeurs empêchaient en fait les consommateurs de comparer les prix. Cette absence de concurrence directe permettait de maintenir des tarifs plus élevés, notamment dans les enseignes spécialisées, où les prix étaient environ 30 % supérieurs à ceux de la grande distribution.

Le syndicat du bio impliqué
Le plus surprenant est peut-être l’implication du syndicat Synadis Bio à cet accord. Ce syndicat a en effet joué un rôle central dans cette entente en modifiant son règlement intérieur fin 2018 pour imposer ce principe de segmentation à ses adhérents. L’objectif était officiellement de protéger le modèle économique des spécialistes bio face à la montée en puissance des supermarchés classiques. Le syndicat a été lourdement sanctionné à hauteur de 10 millions d’euros. Une somme toutefois bien inférieure au plafond théorique de 200 millions d’euros que l’Autorité aurait pu exiger.
L’affaire a éclaté après le signalement d’un franchisé qui ne parvenait pas à s’approvisionner correctement. Bien que cette condamnation soit significative, le montant de l’amende reste quand même très modeste comparé à d’autres scandales historiques, comme celui des lessives (361 millions d’euros) ou des produits laitiers (192 millions d’euros). La condamnation de cette entente illicite sur les prix du bio souligne néanmoins la vigilance accrue du régulateur face ces pratiques incessantes entravant la transparence des prix pour les consommateurs.
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