Cadmium dans les engrais : les députés votent un texte plus strict

Les députés ont adopté un texte pour réduire plus rapidement le cadmium dans les engrais phosphatés. Un enjeu discret, mais majeur pour les sols, les cultures et la santé publique.

Rédigé par , le 4 Jun 2026, à 10 h 00 min
Cadmium dans les engrais : les députés votent un texte plus strict
Précédent
Suivant

Mercredi 3 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi écologiste visant à réduire plus rapidement la présence de cadmium dans les engrais phosphatés. Objectif : mieux protéger la santé des Français face à ce métal lourd qui contamine les sols, les cultures et, in fine, nos assiettes.

Le cadmium s’invite dans un débat de santé publique majeur. Présent notamment dans certains engrais phosphatés, ce métal lourd peut s’accumuler dans les sols agricoles, puis se retrouver dans des aliments très consommés comme les céréales, le pain, les pâtes, le riz ou les pommes de terre. Une exposition chronique est préoccupante, car le cadmium est associé à des risques pour les reins, les os et à des effets cancérogènes.

Ce qu’il faut retenir

  • Les députés ont adopté un texte visant à limiter plus vite le cadmium dans les engrais phosphatés.
  • Le seuil passerait à 40 mg/kg de P₂O₅ en 2027, puis à 20 mg/kg en 2030.
  • Le gouvernement prévoyait d’atteindre ce seuil plus tardivement, avant 2038.
  • Le cadmium peut contaminer les sols, les cultures et certains aliments du quotidien.

Un seuil abaissé dès 2030 au lieu de 2038

La proposition de loi portée par le député écologiste Benoît Biteau prévoit de limiter la teneur en cadmium des engrais phosphatés à 40 mg/kg de P₂O₅ dès 2027, puis à 20 mg/kg à partir de 2030. C’est nettement plus rapide que la trajectoire défendue par le gouvernement, qui envisageait d’atteindre ce seuil de 20 mg/kg seulement avant 2038, et sous conditions.

Aujourd’hui, la France autorise encore jusqu’à 90 mg/kg de P₂O₅ dans ces engrais, un niveau jugé trop élevé par les défenseurs du texte. L’Anses recommande, elle, de viser 20 mg/kg afin de limiter les apports de cadmium dans les sols agricoles et de réduire, à terme, l’exposition de la population par l’alimentation.

Cadmium : un dépistage remboursé dès le 16 juin

À partir du 16 juin 2026, le dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville sera remboursé par l’Assurance maladie pour les personnes à risque. Cette prise en charge concernera notamment les personnes potentiellement surexposées en raison de leur lieu de résidence, lorsque le sol a été reconnu comme pollué par le cadmium par les autorités compétentes, ainsi que les patients déjà suivis pour une intoxication chronique au cadmium.

Le test principal est la cadmiurie, c’est-à-dire le dosage du cadmium dans les urines, prescrit par un médecin. En cas de résultat élevé, un dosage du cadmium dans le sang pourra être réalisé en complément et également pris en charge. Selon le texte publié au Journal officiel, le remboursement sera assuré à 60 % par l’Assurance maladie, le reste pouvant être couvert par la mutuelle.

Une contamination qui commence dans les sols

Le sujet dépasse donc largement la question agricole. Réduire le cadmium dans les engrais, c’est agir à la source, avant que ce polluant ne s’installe durablement dans les terres cultivées. Car une fois présent dans les sols, le cadmium peut y rester longtemps et entrer progressivement dans la chaîne alimentaire.

Pour les partisans du texte, l’urgence est sanitaire : il ne s’agit pas seulement de modifier une norme technique, mais de diminuer l’exposition quotidienne des Français à un contaminant invisible. Le vote de l’Assemblée marque une étape importante, même si le parcours parlementaire du texte doit encore se poursuivre.

Lire aussi 
Cadmium : une bombe sanitaire dans nos assiettes




Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis