En Thaïlande, on fait des assiettes biodégradables avec des feuilles

Une équipe de chercheuses de l’Université de Naresuan en Thaïlande, a imaginé des assiettes jetables faites à partir de feuilles d’arbres. Bientôt la fin des déchets en polystyrène et plastique dans nos paniers à pique-nique ?

Rédigé par Lucia García Botana, le 18 Apr 2016, à 9 h 27 min

La consommation effarante de couverts jetables et de contenants alimentaires en plastique et en polystyrène, des matériaux à base de pétrole très polluants, a encouragé une équipe d’ingénieures thaïlandaises à chercher des alternatives plus naturelles.

Des assiettes biodégradables pour lutter contre les déchets en plastique dans le monde

Grâce à cette initiative, les assiettes en plastique et polystyrène, qui sont la plupart du temps jetées après un usage unique, pourront désormais être remplacées par des ustensiles faits à partir de feuilles.

Au Thaïlande, on fait des assiettes biodégradables avec des feuilles

© Ciclovivo

Complètement biodégradables et sans risques pour la nature où qu’elles soient jetées, ces assiettes particulières ont les mêmes qualités de résistance que leurs homologues en plastique. Si ce projet aboutit, il pourrait faire partie de la solution pour réduire les énormes quantités de déchets en plastique produits dans le monde, l’une des menaces majeures pour l’environnement.

L’usage inconsidéré du plastique, très polluant et au recyclage coûteux, a en effet de très nombreuses conséquences, dont la contamination des océans et la mort des grands cétacés qui avalent des déchets.

Dans une interview à la presse thaïlandaise, les trois chercheuses ont expliqué que, pour arriver au prototype idéal d’assiettes biodégradables, elles ont dû faire beaucoup d’essais. Notamment pour dénicher les matériaux adéquats : les feuilles de trois types d’arbres, le Petchara Chaowarat, le Tectona Grandis et le Ficus Benghalensis.

Au Thaïlande, on fait des assiettes biodégradables avec des feuilles

© Ciclovivo

Le procédé consiste à utiliser des moules pour donner aux feuilles la forme des contenants alimentaires désirés. Tous les produits qui entrent dans le processus de fabrication sont naturels  : ainsi, le vernis est remplacé par de l’amidon qui permet de préserver les feuilles intactes et de leur donner du brillant ainsi que la rigidité indispensable à l’usage attendu.

Les assiettes en feuilles, contrairement à celles en polystyrène, sont donc 100 % biodégradables. Elles peuvent se décomposer naturellement n’importe où, et même de préférence dans la végétation, sans entraîner d’effets négatifs ni pour les sols, ni pour l’environnement en général. De plus, la collecte des feuilles à la source n’endommage pas les arbres.

Ces plats végétaux supportent très bien toutes sortes d’aliments, qu’ils soient liquides ou solides, chauds ou froids, et sont aussi résistants que leurs équivalents en plastique.

Sitintip Tantanee, professeure à l’Université et membre de l’équipe d’ingénieures à l’origine de ce projet, explique leur intention de travailler en partenariat avec les autorités locales pour tester auprès du public l’utilité et la fonctionnalité des assiettes en feuilles. L’idée est de substituer, un mois durant, tous les articles jetables en plastique ou en polystyrène, par ceux fabriqués en feuilles dans les administrations et évènements publics.

Une belle vaisselle jetable qu’il nous tarde de pouvoir emmener en pique-nique !

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



J'ai grandi dans la région rurale de Galicia, en Espagne, où les montagnes et les forêts rencontrent l'océan Atlantique. Ma conscience envers la protection...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. La bataille pour environnement passe par la bataille des esprits. Des esprits féconds proposent des foultitudes de solutions “miracles” dont la pertinence de la majorité ne résistera pas à une réflexion plus approfondie. Là pour le coup, je pense que c’est un bon plan ! – Reste à l’installer dans les esprits, si les populations locales majoritairement paupérisées peuvent se les offrir ! – Rien n’est dit sur le process de fabrication, son incidence écologique…?

    • Lucia García Botana

      Merci pour votre commentaire !

      Pour l’instant, l’Université de Naresuan n’a rien publié sur le processus de fabrication. Lorsqu’il s’agit d’un prototype, on peut imager que la production est encore assez “artisanale”. On espère que si le projet a du succès, il soit écologique et durable dans toutes les étapes ! Les données dont on dispose pour le moment répondent tout à fait à cet esprit, car comme vous pouvez lire dans l’article, la récollection des feuilles ne périme pas l’arbre et on privilégie des substances naturelles comme l’amidon.

    • Exellent et en + c’est trés estethique

Moi aussi je donne mon avis