Taxe sur le sucre : quels produits pourraient coûter plus cher ?

Une nouvelle taxe sur les produits sucrés pourrait apparaître dans le budget 2027. Encore flou, le projet viserait certains aliments transformés particulièrement riches en sucre.

Rédigé par , le 1 Oct 2026, à 11 h 51 min
Taxe sur le sucre : quels produits pourraient coûter plus cher ?
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Biscuits, céréales, pâtes à tartiner ou pâtisseries pourraient être concernés, avec un risque de hausse des prix si les industriels décident de répercuter le coût sur les consommateurs.

Une taxe sur les produits sucrés encore très floue

Le gouvernement a confirmé travailler, dans le cadre du prochain budget, sur une taxe sur les produits sucrés. L’objectif affiché est sanitaire. « Il y a trop d’obésité, trop de diabète », a déclaré le ministre du Commerce Serge Papin sur LCI. Le principe serait de cibler certains aliments transformés dont la teneur en sucre dépasserait un seuil donné. Les biscuits, gâteaux, céréales industrielles et pâtes à tartiner figurent parmi les produits régulièrement cités. Certaines boissons ou certains jus pourraient également entrer dans le dispositif.

Aucun chiffrage quant à la teneur en sucre n’a été annoncé pour l’instant. Un autre point technique pourrait considérablement modifier le périmètre de la mesure : faut-il prendre en compte uniquement les sucres ajoutés ou l’ensemble des sucres présents dans un aliment ? La différence est majeure. Des produits contenant naturellement du sucre pourraient être davantage exposés si la taxation reposait sur la teneur totale, alors qu’un dispositif centré sur les sucres ajoutés viserait plus directement les recettes industrielles.

Taxe sur le sucre : quels produits sucrés pourraient voir leurs prix augmenter ?

La présence d’une taxe ne signifie pas automatiquement une hausse identique en rayon. Les industriels disposent de plusieurs leviers : absorber une partie du surcoût, réduire leurs marges, modifier leurs recettes ou augmenter leurs tarifs. L’industrie agroalimentaire redoute néanmoins une répercussion sur le consommateur. « Ce sont les consommateurs qui vont payer », a estimé Jean-François Loiseau, président de l’Association nationale des industries alimentaires.

Le montant de la future taxe sera donc déterminant. Lors des débats sur le budget de la Sécurité sociale pour 2026, une proposition parlementaire avait envisagé une contribution de 21 euros par quintal pour certains produits contenant entre 23 et 30 kg de sucres ajoutés, puis de 35 euros au-delà de 30 kg. Ce barème n’est pas celui du projet actuel, mais il donne une idée des mécanismes déjà envisagés par le passé.

Les fabricants pourraient aussi choisir de reformuler leurs recettes afin de passer sous le seuil fixé. Dans ce scénario, la taxe aurait moins pour fonction d’augmenter les prix que d’inciter les marques à réduire la quantité de sucre utilisée.

La taxe sucre s’inscrit dans le prolongement de la taxe soda

La France possède déjà une fiscalité nutritionnelle appliquée aux boissons contenant des sucres ajoutés. En 2026, son barème va d’environ 4,07 euros à 35,63 euros par hectolitre, en fonction de la quantité de sucre présente. D’après un rapport parlementaire, cette fiscalité sur les boissons sucrées ou édulcorées aurait rapporté environ 800 millions d’euros en 2025. Son fonctionnement repose sur une logique progressive : plus une boisson contient de sucre, plus la taxation augmente.

Le gouvernement souhaite désormais étendre cette approche à des aliments solides. L’argument sanitaire est central : d’après les chiffres du ministère de la Santé, environ 80 % des enfants dépasseraient les apports recommandés en sucres. Par ailleurs, 18 % des adultes, soit près de 10 millions de personnes, vivraient avec une obésité en France. Cette proportion monterait à 25 % chez les personnes déclarant rencontrer des difficultés économiques.

Une bataille entre taxation et réduction du sucre

Les industriels défendent une autre stratégie : modifier progressivement les recettes plutôt que créer une nouvelle contribution fiscale. Dans la boulangerie-pâtisserie, la Fédération des entrepreneurs de boulangerie affirme travailler avec les pouvoirs publics sur un accord volontaire portant sur 26 familles de produits. L’objectif annoncé consiste à réduire d’au moins 5 % la teneur moyenne en sucre de ces produits d’ici 2031. Celle-ci souligne également que plus de 94 % des entreprises qu’elle représente sont des TPE et des PME. Elle estime que, dans certains cas, la future taxe pourrait dépasser 6 % du chiffre d’affaires, un calcul qui reste toutefois fondé sur des hypothèses partielles puisque le texte n’est pas encore connu.

Le véritable impact sur les prix dépendra donc moins du principe même de la taxe que de ses modalités. Un seuil élevé limiterait le nombre de références concernées. Un barème progressif pourrait pousser les fabricants à revoir leurs recettes. À l’inverse, une taxation large et difficile à éviter augmenterait la probabilité d’un passage de tout ou partie du coût dans les prix des biscuits, céréales, pâtes à tartiner, gâteaux et autres produits sucrés vendus en supermarché.


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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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