Sophie La Girafe « made in France » serait-elle produite en Chine ?
Une enquête de Mediapart affirme que la production du célèbre jouet Sophie la girafe aurait en fait été délocalisée en Chine depuis plus de dix ans.

C’est un jouet symbolique pour plusieurs générations de Français qui l’ont reçu tout bébé, et l’ont offert au leur une fois adultes. Sophie la girafe, née en, 1961 et désormais fabriquée par l’entreprise Vulli, se vend chaque année à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Mais si elle se vend dans 85 pays de nos jours, est-elle aussi tricolore qu’elle le prétend ?
Une enquête de la Répression des fraudes ouverte
En effet, une enquête publiée par Mediapart a révélé que la célèbre Sophie la girafe, symbole de la fabrication de jouets en Francee, serait en réalité massivement produite en Chine, et ce depuis des années. L’entreprise Vulli, qui commercialise le jouet, a reconnu cette délocalisation, mais affirme qu’il s’agit d’une situation temporaire liée à des difficultés de cadence dans sa nouvelle usine de Saint-Nabord. Les jouets seraient contrôlés un par un en France. Pour autant, une enquête de la Répression des fraudes a été ouverte.
D’après les éléments rapportés, cette sous-traitance en Chine daterait d’au moins 2013 et permettrait à l’entreprise de réduire ses coûts de production, a priori quatre à cinq fois moins élevés en Chine qu’en France. Les jouets arriveraient ainsi en vrac en Haute-Savoie avant d’être conditionnés. Selon des témoignages d’anciens salariés, l’usine de Rumilly, présentée comme le site de fabrication, n’aurait été utilisée que comme vitrine lors de visites extérieures, pour entretenir l’illusion d’une fabrication locale.
D’où vient votre Sophie la girafe ?
Face à ces révélations, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ouvert une enquête pour pratique commerciale trompeuse. Les contrôles ont montré que les emballages et les sites de vente en ligne mentionnaient encore une origine française, ce qui expose l’entreprise Vulli à des amendes dont le montant pourrait représenter plusieurs millions d’euros.
De son côté, le PDG de Vulli, Alain Thirion, rejette les accusations de tromperie et assure que l’origine de la fabrication du célèbre jouet n’a jamais été cachée, tout en visant une production 100 % française à terme. Pour les consommateurs qui souhaitent connaître l’origine réelle de leur Sophie la girafe, il est possible de vérifier les deux premiers chiffres du numéro de lot gravé sur une patte : un numéro commençant par 30 indique une fabrication française, tandis que ceux commençant par 32 ou 33 indiquent une production chinoise.
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