Europe : un réchauffement deux fois plus rapide qu’ailleurs

Le constat est sans appel : l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale.

Rédigé par , le 2 May 2026, à 10 h 30 min
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Le Vieux Continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, souligne le dernier rapport sur l’état du climat de l’observatoire européen Copernicus.

Une réalité pour l’Europe

En 2025, près de 95 % du continent a enregistré des températures annuelles supérieures à la moyenne, avec un réchauffement global d’environ 2,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Cette hausse constante a provoqué une diminution de la zone européenne touchée par des températures glaciales et un nombre record de jours sans stress lié au froid. « Ce rapport montre, une fois de plus, que le changement climatique est une réalité pour l’Europe, soulignant l’importance d’un système d’observation de la Terre indépendant et de classe mondiale », résume Andrius Kubilius, commissaire à la Défense et à l’Espace de la Commission européenne.

« Copernicus fournit les informations dont nous avons besoin pour guider les décisions qui façonneront un avenir plus résilient, plus durable et plus fort pour l’Europe. » L’année 2025 a été marquée par des canicules intenses qui se sont étendues de la Méditerranée au cercle polaire arctique. L’un des événements marquants a été la canicule inédite de trois semaines en juillet sur la Fennoscandie subarctique, où les températures ont dépassé les 30 °C à l’intérieur même du cercle polaire, constituant la vague de chaleur la plus longue jamais enregistrée dans cette région.

Entre canicules marines, déficits hydriques et incendies

Comme le souligne ce rapport, les eaux européennes ont connu leur température de surface moyenne la plus élevée de l’histoire, marquant la quatrième année consécutive de chaleur océanique exceptionnelle. Près de 86 % de la région marine européenne a été soumise à des vagues de chaleur marine d’une intensité au moins « forte », affectant profondément les écosystèmes et la biodiversité marine.

Notre continent a également connu une sécheresse importante, avec des niveaux d’humidité des sols parmi les plus bas depuis 1992. Ainsi, 70 % des rivières présentant des débits inférieurs à la normale. Ces conditions chaudes et sèches ont contribué à alimenter une saison d’incendies catastrophique : plus d’un million d’hectares ont été détruits par le feu. Soit la superficie brûlée la plus vaste jamais mesurée en Europe.

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Des énergies renouvelables en hausse

Les conditions climatiques ont entraîné une réduction considérable de la cryosphère. En mars 2025, l’étendue du manteau neigeux était inférieure de 31 % à la moyenne, une superficie manquante équivalente à celle de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse réunies. De plus, les glaciers européens ont tous subi une perte de masse nette, tandis que la calotte glaciaire du Groenland a perdu près de 139 milliards de tonnes de glace.

« L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, avec des répercussions considérables sur le bien-être socio-économique, ainsi que sur les écosystèmes et la biodiversité », souligne Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM (Organisation météorologique mondiale). Malgré l’urgence et l’ampleur des défis climatiques, le rapport souligne l’accélération de la transition vers les énergies propres en Europe. En 2025, les énergies renouvelables ont fourni près de 46,4 % de l’électricité totale du continent, portées notamment par l’énergie solaire qui a atteint une contribution record de 12,5 %, favorisée par une durée d’ensoleillement supérieure à la normale.

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