Golfe de Gascogne : la mortalité des dauphins en forte hausse

Dans le golfe de Gascogne, les dauphins communs voient leur espérance de vie s’effondrer. En moins de trente ans, ils ont perdu sept années de longévité. Un signal d’alerte majeur pour l’état des mers européennes et la gestion des pêches.

Rédigé par , le 2 Mar 2026, à 9 h 40 min
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Le 28 février 2026, Le Parisien révélait une donnée qui a fait l’effet d’un choc dans la communauté scientifique : les dauphins du golfe de Gascogne ont perdu sept ans d’espérance de vie en l’espace de deux décennies. Selon le quotidien, l’âge maximal observé chez ces cétacés est passé d’environ 24 ans à 17 ans aujourd’hui, d’après les travaux de l’observatoire Pelagis, rattaché à l’Université de La Rochelle et au CNRS. Cette baisse brutale traduit une augmentation de la mortalité prématurée, principalement liée aux activités humaines en mer, au premier rang desquelles les captures accidentelles dans les engins de pêche. Le phénomène, documenté depuis plusieurs années, atteint désormais un seuil critique.

Dauphins : une espérance de vie en chute libre dans le golfe de Gascogne

Le golfe de Gascogne, vaste espace maritime bordant la façade atlantique française et espagnole, abrite une population importante de dauphins communs à bec court. Ces animaux, prédateurs supérieurs, occupent une place centrale dans l’équilibre des écosystèmes marins. Or, selon les données relayées par Le Parisien, la longévité maximale observée chez les femelles est passée de 24 ans en 1997 à 17 ans aujourd’hui. Une perte de sept années. L’information s’appuie sur les analyses menées par l’observatoire Pelagis, qui suit les échouages de mammifères marins sur le littoral français.

Ce recul de l’espérance de vie est loin d’être anodin. Les femelles n’atteignent la maturité sexuelle qu’autour de 7 ans et ne mettent bas qu’un seul petit tous les deux à trois ans, selon les données scientifiques citées par Le Parisien. Autrement dit, raccourcir la durée de vie réduit mécaniquement le nombre de cycles reproductifs possibles. La capacité de renouvellement de la population s’en trouve fragilisée.

Captures accidentelles : la pression des filets de pêche

La principale cause identifiée reste la capture accidentelle, également appelée bycatch. Les dauphins se retrouvent piégés dans les filets maillants, les chaluts ou d’autres engins de pêche. Incapables de remonter à la surface pour respirer, ils meurent par asphyxie. Selon les informations compilées par l’observatoire Pelagisx, des centaines de cadavres sont retrouvés chaque hiver sur les plages de la façade atlantique. Toutefois, les scientifiques rappellent que ces échouages ne représentent qu’une fraction des décès réels en mer.

D’après des travaux antérieurs publiés dans des revues scientifiques internationales, les niveaux de captures accidentelles dans le golfe de Gascogne dépasseraient régulièrement le seuil considéré comme soutenable pour la population. Ce seuil, appelé « prélèvement biologique potentiel », correspond au nombre maximal d’individus pouvant être retirés d’une population sans compromettre sa viabilité à long terme.

La situation a conduit les autorités françaises à instaurer des fermetures temporaires de certaines pêcheries en hiver. Ces interdictions saisonnières visent à réduire les interactions entre dauphins et engins de pêche au moment où les risques sont les plus élevés. Selon les données rapportées par des médias spécialisés dans l’environnement, ces fermetures ont permis de faire baisser le nombre d’échouages durant les périodes concernées. Néanmoins, les scientifiques estiment que ces mesures restent insuffisantes au regard de l’ampleur du phénomène.

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