Les oiseaux victimes de la pollution sonore humaine

Le bruit d’origine humaine affecte les oiseaux du monde entier, tant dans leur quotidien que dans leur cycle de reproduction.

Rédigé par , le 12 Feb 2026, à 9 h 36 min
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Une méta-analyse a permis de quantifier les impacts du bruit sur les comportements des oiseaux. Et ils sont conséquents.

Plus de 160 espèces d’oiseaux sur tous les continents

Les oiseaux du monde entier sont en effet de plus en plus affectés par les conséquences d’une activité humaine envahissante et mettant à mal leur espace vital. Entre extension de l’agriculture et des axes routiers et changements climatiques, difficile pour eux de rester à part de la pollution sonore.

Une méta-étude tout juste publiée(1) par une équipe de chercheurs permet de mieux comprendre l’effet des bruits sur plus de 160 espèces d’oiseaux sur tous les continents. Cette méta-analyse a permis de quantifier les impacts du bruit non seulement sur les comportements des oiseaux (communication, cognition, agressivité, prise de risque, recherche de nourriture et utilisation de l’habitat) mais aussi sur leurs réponses liées à la valeur sélective (croissance, physiologie et reproduction).

Lire aussi – La pollution sonore empêche les oiseaux de chanter

Particulièrement vulnérables au bruit

« À partir de 944 mesures d’effets réalisées sur 160 espèces d’oiseaux réparties sur six continents, nous avons constaté que le bruit d’origine humaine affecte significativement divers comportements et la physiologie, et a des effets négatifs importants sur la reproduction », explique l’étude. Si les effets diffèrent selon les oiseaux et les situations, 60 % des espèces voient néanmoins leur population baisser, contre 44 % en 2016, selon les chiffres de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La dégradation et la perte de leur habitat en est la cause première. Mais le bruit d’origine humaine affecte en fait le cycle entier de la reproduction, du succès de l’accouplement à la survie des oeufs jusqu’à l’envol des oisillons.

« Les oiseaux sont considérés comme particulièrement vulnérables au bruit anthropique en raison de leur dépendance à l’information acoustique », explique les scientifiques. Un excès de bruit autour d’eux les empêche en fait de capter les signaux de leur propre espèce, qu’il s’agisse de chanter pour trouver un partenaire, alerter de la présence de prédateurs ou juste dire que l’on a faim. Les effets négatifs du bruit d’origine humaine sont encore plus marqués « chez les espèces nichant près du sol, tandis que les effets sur la croissance et les réponses physiologiques sont plus importants chez les espèces nichant dans des nids ouverts plutôt que dans des cavités, et chez celles vivant dans les forêts de feuillus ».

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