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Energies renouvelables, Planète OUI, petit nouveau qui monte

Le 1er juillet 2007, le marché de l’énergie s’ouvre à la concurrence. Dans le Nord, une toute jeune société croit fermement aux énergies renouvelables dont elle est fournisseur. Nicolas Milko, 34 ans, son fondateur, raconte son épopée et ses espoirs.

Consoglobe : Comment arrive-t-on à l’énergie renouvelable ?

Nicolas Milko : Je me suis occupé pendant 10 ans de système de secours électriques pour des panneaux solaires, avant de rejoindre l’équipe de Poweo, dont j’ai été l’un des cadres fondateurs en 2003. J’étais chargé de la mise en place de diverses solutions d’énergie renouvelables.

Lorsqu’en 2006, Poweo prépare l’ouverture du marché des particuliers, je préfère quitter la société. Il y avait une dérive vers un marketing vert que je considère comme un insuffisant.

En septembre 2006, j’ai commencé à travailler sur la création d’une société fournisseur d’une énergie 100 % renouvelable.

Consoglobe : Vous étiez donc très motivé, mais le contexte était-il favorable en septembre 2006 ?
Nicolas Milko :
Le marché était curieux. Le créneau de l’énergie renouvelable avait la réputation d’être un sport d’élite ! Je me suis associé avec un Centralien qui a travaillé chez EDF. Notre but était simple : rendre cette énergie populaire et accessible à tous. La mise en place technique nous a demandé 11 mois de travail. Nous sommes devenus opérateur officiel le 1er octobre 2007.

Consoglobe : Vous êtes le petit dernier de l’électricité, ou encore le premier sur le nouveau marché libéralisé ?
Nicolas Milko :
Oui, c’est vrai. Nous sommes le seul nouvel opérateur depuis le 1er juillet 2007. Tous les autres existent depuis plus longtemps ou sont liés à l’opérateur historique qu’est EDF.

Consoglobe : Qu’est-ce qui vous différencie des autres ?
Nicolas Milko :
Notre nouveauté et à travers, notre capacité à regarder l’avenir autrement dans ce « vieux » secteur ! Il faut le répéter. Ensuite, nous ne proposons que des énergies renouvelables. Ces énergies ne représentent que 1 % de la consommation des Français, mais c’est ce que nous voulons développer. Et même participer au développement de la production, en réinvestissant 20 % minimum de nos bénéfices dans la production d’énergies renouvelables.

Consoglobe : Quelles sont ces énergies ?
Nicolas Milko :
Elles sont hydrauliques à 95 %, et les 5 % qui restent se partagent entre l’éolien, le solaire et la biomasse. Il faut savoir que l’énergie hydraulique est la moins chère à produire. Elle permet donc à Planète UI d’être compétitif et au consommateur de faire ces premiers pas dans la consommation renouvelable. Notre objectif à moyens terme est de développer la part des 5 %.
Quant aux autres, le must est le panneau solaire.

Savez-vous que les nouvelles fermes solaires vont avoir un rendement 10 fois supérieur à celui des fermes solaires des années 90 ?

Certes, elles sont plus chères à l’installation et à l’entretien. Mais il est temps de développer des compléments voir, des alternatives aux vieilles centrales nucléaires françaises qui vont coûter chères elles aussi.

En ce qui concerne l’éolien, la France est en retard pour la création de parcs, très développés en Allemagne et même en Angleterre où il y a des nouveaux parcs avec des rendements très importants. Mais c’est en train de se développer chez nous et Planète OUI a bien l’intention d’y participer.
Barrage de Roselend en Savoie ?
En France, il y a 450 barrages dont 220 exploités par EDF

Consoglobe : L’électricité renouvelable est-elle donc chère à produire ?
Nicolas Milko :
Oui, c’est vrai. Mais autant que les autres sources d’énergie, on ne le dit pas assez. C’est mentir que de dire que l’électricité habituelle n’est pas chère à produire. C’est un discours commercial qu’EDF nous rabache depuis 60 ans, et qu’il faut arrêter de croire. Comme je le disais, les centrales nucléaires françaises sont vieilles, et leur entretien va coûter de plus en plus cher. Et que dire du pétrole, denrée périssable ? Il faut y rajouter à toutes ses sources d’énergie leur coût sur l’environnement. Attention, nous ne sommes pas anti nucléaire, nous sommes pro énergies renouvelables. La nuance est sensible. Aujourd’hui, seules ces énergies sont stables et respectent l’environnement. C’est ce que nous voulons développer. Quant à leur prix d’achat pour le consommateur, il n’est pas cher, lui.

Consoglobe : Vos tarifs ne sont donc pas plus chers que ceux des autres opérateurs habituels ?
Nicolas Milko :
Oui, ils sont au même prix ! Toutes taxes comprises, le prix du kilowatt/heure, pour une puissance de 6 kVA, et de 9 kVA est exactement le même que celui d’EDF. Relisez votre facture, et regardez nos prix, vous verrez.

Consoglobe : Vous parlez de puissance du compteur. Son choix est-il important ?
Nicolas Milko :
Bien sûr. J’ai cité les puissances de 3, 6 et de 9 kVA habituellement proposées aux particuliers, car nous avons volontairement limité nos offres à ces trois puissances. Le discours habituel a toujours été de dire qu’il fallait souscrire à la puissance la plus « pratique » donc la plus élevée .

Mais est-ce bien justifié ? Je ne le crois pas. Si on veut optimiser sa consommation, il faut d’abord choisir une puissance adaptée, et pas surdimensionnée. C’est un des arguments pour ne plus gaspiller son électricité. C’est exactement le même principe que l’emballage trop grand, ou que le moteur trop puissant que l’on ne peut pas pousser à fond !

Consoglobe : Toujours à propos des prix, proposez-vous des réductions ?
Nicolas Milko :
Oui, il y en a. Les abonnements Electroconso et Electrocolo permettent de faire baisser le coût de 10 %. Moyennant un engagement à relever son compteur soi-même tous les mois pour l’Electroconso, et à faire baisser sa consommation entre 2 et 10 % pendant 12 mois pour Electrocolo.

 Ses deux abonnements peuvent se cumuler, et la réduction est alors de 20 %. Réduction que vous pouvez reversez l’association de votre choix ! Pour les puristes, nous proposons même une option, dite de « Kyoto », qui permet de porter à 21 % le mix d’énergie à haute valeur environnementale (fixer à 5 % dans l’offre standard).
 

Consoglobe : C’est intéressant. Mais cela induit une implication plus forte de vos clients, qui se doivent d’être actifs par rapport à leur consommation d’électricité. Croyez-vous que les consommateurs soient prêts pour ça ?


Nicolas Milko :
Oui, je le crois. Mais il est nécessaire, en plus, de faire un gros travail de pédagogie pour expliquer tout ce que je viens de vous dire. D’où notre blog sur notre site web, et notre service consommateur qui répond tout de suite aux questions, par internet, comme au téléphone. Nous souhaitons renouveler la relation opérateur/client, qui n’a pas une très bonne réputation, et travailler en confiance avec nos clients.

Consoglobe : On peut donc quitter son ancien opérateur pour vous choisir, en toute confiance ?
Nicolas Milko :
Mais bien sûr ! Surtout depuis que le Sénat à valider le retour possible au tarif régulé début janvier. Il était anormal de faire porter par le consommateur le moindre risque concernant un choix de consommation alternatif ! Aujourd’hui, la liberté de choisir son fournisseur d’accès à l’énergie est une réalité tangible et sans risque. Les consommateurs ont vraiment la liberté de choisir et d’essayer. Nous les y invitons, en pensant à la planète !

Le coup de coeur :L’idée même de l’énergie renouvelable. Dans le contexte actuel de dépendances des sources de pétrole et de gaz, et malgré le parc nucléaire français, l’idée de ne dépendre que des ressources naturelles comme l’eau, le vent et la géothermie apparaît comme une évidence.
On aime bien le service Electroconso, qui demande un peu d’attention pour relever le compteur tous les mois, mais qui peut faire vraiment prendre conscience de sa consommation.

 

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