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Actus mobilité

Taxi collaboratif contre pro – la guerre est ouverte

  • Jean-Marie
  • 10 juin 2014

Alors que se développe l’économie collaborative avec toujours plus de nouveaux services en circuit court, se profile à l’horizon une sourde mais réelle bataille : celle qui oppose les services professionnels, marchands, aux services entre particuliers, basés sur le partage et pas toujours marchands. Alors que les taxis privés et Uber font concurrence aux taxis, ceux voient apparaîtrent une nouvelle forme de concurrence : le taxi collaboratif

En finir avec le « Tout seul dans ma voiture »

il y avait le taxi partage Avec Tous les Jours tjrs.org, on peut utiliser un service inédit offrant la possibilité, selon des points de départ et d’arrivée spécifiques, de partager une course de taxi avec un, deux ou trois passagers. La G7 elle même promeut un tel service de taxis partagés avec WeCab. 

WeCab  dessert les deux aéroports parisiens. « Un service qui permet d’économiser jusqu’à 40 % sur ses frais de déplacement ».

Une jeune société se targue d’avoir inventé le taxi collaboratif : il s’agit en fait d’une sorte de covoiturage de ville exercé par les personnes voulant se faire un peu d’argent en faisant le chauffeur. Le taxi collaboratif serait donc ouvert à tous ceux qui veulent rentabiliser leur véhicule et qui aiment conduire : étudiants, chômeurs ou personnes en faisant plus ou moins une profession.

Le taxi collaboratif, ouvert à tous ?

Le taxi collaboratif c’est donc une version roulante de l’économie du partage qui veut s’attaquer aux longues files de voiture occupées par leur seul conducteur, un énorme gaspillage collectif. C’est un bon point. Mais voilà, alors qu’ils sont déjà vivement concurrencés par les VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur), les taxis pros ont les nerfs à vif. Ils accusent les sociétés comme la société américaine Uber, qui connaissent une popularité grandissante en employant des chauffeurs non-professionnels. Ils considèrent les VTC comme une concurrence déloyale qui n’a pas à supporter les mêmes charges qu’eux. Alors que dire des simples particuliers qui font du taxi-covoiturage à prix cassés ? !

Le nouveau service de Taxi collaboratif, appelé Djump, a été lancé à Bruxelles puis ensuite à Paris.

La concurrence par les prix

Comme le souligne Gilles Van Audenhaege, responsable communication de Djump, «Le prix suggéré de la course est calculé en temps réel, en fonction de la distance parcourue et de sa durée. Généralement, il est 30 ou 40 % moins élevé que celui d’un taxi normal. Mais le passager peut toujours donner davantage s’il est satisfait de l’expérience. Et c’est généralement le cas. Mais s’il s’est senti en danger par une conduite agressive par exemple, le passager peut payer moins». Le service est comme c’est la norme désormais communautaire dans le sens où conducteurs et passagers peuvent s’évaluent réciproquement et la réputation de chacun est visible de tous. Si vous réservez une voiture-taxi via Djump, l’application prélève une rémunération sur la transaction que vous réalisez via l’application.

Le taxi collaboratif bouscule le droit et les rentes économiques

Tous ces nouveaux services, en s’exerçant hors des cadres réglementaires édictés dans les différents pays, bousculent les habitudes et tendent à concurrencer les professions réglementées et protégées, que les économistes considèrent comme des rentes protégées par des barrières à l’entrée. En France, les chauffeurs non-professionnels n’ont pas à payer de « plaque » pour s’établir et n’appartiennent pas à une corporation. Le respect des normes et des règles devient donc un enjeu. Tout comme celui de la sécurité : à Bruxelles, plusieurs affaires de viols sur des passagères par des taxis clandestins ont mis en évidence les questions de sécurité. La ministre bruxelloise des Transports, Brigitte Grouwels, a pris la défense des emplois des taxis professionnels de la capitale belge et a fait interdire le service UberPop, comme Berlin. Malgré la fureur de la Commissaire européenne aux transport, beaucoup applaudissent.

Alors certes le taxi collaboratif entre particuliers n’est pas plus dangereux que les services de logement collaboratif comme bedycasa, Rbnb ou cohebergement.com. Cependant, cette forme de covoiturage urbain risque d’avoir bien des difficultés à percer. Car il est possible depuis pas de temps déjà de faire du covoiturage courtes distances en ville, avec des s plateformes comme Covivo depuis 2009 par exemple.

Le taxi collaboratif n’est pas un marché un facile

Djump peut-il réussir là où d’autres n’ont pas franchement réussi ?

Pas certain. Car finalement, il suffit de jeter un oeil dans la rue à Paris, Berlin ou Bruxelles pour voir toujours autant de voitures avec des conducteurs en solo.  La rémunération apportée par des services comme Djump est faible (12 € en moyenne) et paraît peu susceptible de motiver réellement des personnes à s’investir réellement dans la profession de taxi-collaboratif. Beaucoup pensent qu’à long terme, les vrais taxis n’ont pas à craindre de concurrence des particuliers qui la plupart du temps « feront le chauffeur payant » de manière très ponctuelle, au cas par cas, mais certainement pas régulièrement.

«Les tentatives se succèdent depuis trente ans, mais aucun service n’a réussi à s’imposer dans le covoiturage sur des courtes distances», explique Alexis Marcadet, manager de Djump à Paris. Pour réussir, il imagine une croissance lente basée sur l’effet de club : l’application UberPop serait accessible aux personnes parrainées ou adoptées par les membres du club.  Une manière de maximiser la sécurité en restant entre membres fiables.

Une telle communauté de taxi collaboratif n’est pas assimilable à des services ultra-commerciaux comme celui d’Uber qui agace tant en Europe. L’économie collaborative qui ne mobilise que des particuliers, n’est pas dans le collimateur des Autorités et des professionnels. «Nous sommes et nous resterons un service de covoiturage dont le seul objectif est de renouveler la mobilité en ville». Reste que, malgré cette vocation écologique, c’est une nouvelle forme de concurrence pour les taxis.Tant mieux ou tant pis ?

 *

Retour au sommaire du Dossier Consommation collaborative

Djump est une application mobile de partage de trajets entre particuliers au sein d’une communauté. Les conducteurs de Djump peuvent réduire les coûts annuels de leurs véhicules en déplaçant les membres en ville en échange de donations libres.  Djump souhaite transformer le rapport au véhicule individuel qui est + de 90 % du temps inutilisé et qui coûte entre 5000 et 8000€ par an à Paris. Chaque conducteur est rencontré par l’équipe et chaque trajet est noté pour que Djump grandisse dans la confiance. 

Uber est un service de voiture de tourisme avec chauffeur disponible sur smartphone mettant en relation les usagers du service et des chauffeurs privés. Uber est présent dans 22 pays et 62 villes1 comme New York, Los Angeles, Seattle, Chicago, Boston, Washington D.C., Vancouver, Toronto, Paris, Lyon, Lille, Philadelphie, Dallas et San Diego. Mais aussi interdit dans certaines villes comme Bruxelles, Berlin et New York entre autres, considéré par les tribunaux comme illégal et entrant en concurrence déloyale avec les taxis traditionnels. A Paris, le tarif minium  fixé par la Préfecture de police de Paris est de 6,60 euros  La prise en charge s’élève à 1 euro, puis la course est facturée 0,35 euro la minute ou 0,80 euro le kilomètre, en sachant que le tarif minimum est de 6,60 euros. L’application propose enfin des tarifs forfaitaires, notamment pour se rendre à l’aéroport.

 

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