Réchauffement climatique : de nouvelles plantes fleurissent sur les cimes

Suite au réchauffement climatique, selon une étude basée sur 145 ans de relevés botaniques, le nombre d’espèces s’est enrichi sur 87 % des sites. Et les plantes ont trouvé refuge sur les sommets des montagnes européennes.

Rédigé par MEWJ79, le 9 Apr 2018, à 8 h 00 min

Une étude de 53 chercheurs de 11 pays a mis en lumière le rôle du réchauffement climatique dans l’apparition de nouvelles plantes sur les sommets des montagnes. Ces scientifiques alertent : la flore d’Europe est poussée vers ses derniers refuges, les cimes, au-delà desquelles il n’y a plus rien.

Des plantes inédites s’installent sur les sommets des montagnes en Europe

Sous l’effet du réchauffement climatique, les sommets des montagnes européennes accueillent des plantes inédites, selon une étude menée par une cinquantaine de chercheurs européens, et parue mercredi 4 avril dans la revue scientifique Nature(1). Le but de ces travaux est, d’une part, de couvrir un très large territoire et d’autre part, d’avoir un recul historique qui montre la forte accélération de ce processus.

Fleurs , plantes montagne

Les fleurs de montagne s’adaptent aux changements climatiques © Lidia Muraru

L’étude s’étend ainsi sur 302 sites, des Alpes, des Pyrénées, des Carpates, du Svalbard (Norvège), d’Écosse ou de Scandinavie. Elle illustre bien ce phénomène étrange. En effet, les plantes remontent de plus en plus rapidement des niveaux inférieurs, avec des sommets cinq fois plus colonisés de nouvelles variétés de plantes ces dix dernières années qu’au cours de la décennie 1957-1966.

En 145 ans, le nombre d’espèces s’est enrichi sur 87 % des sites

Ces travaux se basent sur 145 ans de relevés botaniques et montrent que le nombre d’espèces s’est enrichi sur 87 % des sites. En moyenne, sur la décennie 1957-1966, les domaines d’altitude ont accueilli un peu plus d’une espèce végétale supplémentaire. Un demi-siècle plus tard, sur la période 2007-2016, le gain a été de 5,4 espèces, soit un taux cinq fois supérieur. Si ces chiffres peuvent paraître faibles pour une personne lambda, ils se rapportent à des zones inhospitalières, où les plantes endémiques sont rares.

Et cette migration concerne même des plantes réputées pour se déplacer lentement. Cette grande accélération, biologique, météorologique ou chimique, observée depuis les années 1950 par la communauté scientifique sous l’effet des activités humaines, est donc « aujourd’hui perceptible dans les sites les plus reculés de la planète : les sommets de montagne », comme le souligne le CNRS français dans un communiqué.

Le rôle du réchauffement climatique en montagne mis en lumière

L’équipe de 53 chercheurs, issus de onze pays différents, a démontré que cette tendance concorde avec l’augmentation des températures. Ces scientifiques rappellent que les montagnes subissent un réchauffement particulièrement rapide. L’étude écarte en revanche le rôle d’autres facteurs comme les retombées azotées des polluants, les changements de précipitations ou la fréquentation humaine, très différents d’une région à l’autre.

fleurs, plantes montagne

© Mikadun

Mais alors que l’on pourrait se réjouir de voir de nouvelles plantes pousser aux sommets des montagnes, les auteurs de l’étude sont inquiets. Leurs conclusions démontrent plutôt que le réchauffement pousse la flore d’Europe vers ses derniers refuges, les cimes, au-delà desquelles elle n’aura plus d’échappatoire. Pire, les nouvelles venues, plus résistantes, devraient prendre la place des plantes qui fleurissaient sur les sommets. Ces dernières pourraient donc, à terme, disparaître.

Illustration bannière : Edelweiss – © by Pau
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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