Marineland : Tenerife ou Canada, le dilemme pour sauver les orques
Deux orques, zéro solution simple. Entre transfert immédiat et promesse de sanctuaire, la France joue une décision aussi politique qu’éthique.

Plus d’un an après la fermeture du Marineland, la question du devenir de ses animaux reste entière. Au coeur des débats, les deux orques encore détenues dans le parc d’Antibes cristallisent tensions politiques, contraintes logistiques et enjeux éthiques majeurs.
Marineland : Tenerife ou Canada, deux options opposées
La fermeture définitive de Marineland, intervenue en 2025, était dictée par la loi française, qui interdit la captivité des cétacés. Depuis, deux orques, Wikie et son fils Keijo, restent sur place, accompagnées d’une douzaine de dauphins. Comme l’expliquait TF1 dans un long reportage paru fin janvier 2026, cette situation transitoire ne peut durer. D’une part, la législation impose une issue rapide. D’autre part, les coûts d’entretien et les conditions de vie des animaux alimentent les critiques. Une réunion au ministère de la Transition écologique avait réuni ONG, experts et direction du parc, afin d’aboutir à une décision. Le calendrier est désormais serré. « Une décision définitive interviendra d’ici fin mars [2026] », indique le gouvernement. Autrement dit, le sort des orques devrait être scellé dans les semaines à venir.
Deux grandes options dominent aujourd’hui le débat. La première consiste en un transfert vers un autre parc zoologique, notamment à Tenerife, où se situe Loro Parque. Cette solution est jugée la plus rapide et la plus réaliste sur le plan logistique. En effet, ce parc accueille déjà plusieurs orques et dispose d’infrastructures adaptées. Toutefois, cette piste suscite une vive opposition des associations de protection animale. Elles dénoncent un simple transfert de captivité, sans amélioration significative du bien-être des animaux.
Face à cela, une alternative plus ambitieuse est avancée : le transfert vers un sanctuaire marin au Canada. Ce projet, situé en Nouvelle-Écosse, vise à offrir aux cétacés un environnement semi-naturel. Il est soutenu par plusieurs ONG et apparaît comme une solution plus éthique sur le papier.
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Entre le sanctuaire canadien en difficulté et le parc espagnol, un choix hautement politique
Mais selon le reportage de TF1, cette piste est aujourd’hui sérieusement compromise. En cause, plusieurs obstacles majeurs. D’abord, le projet de sanctuaire n’est pas encore opérationnel. Aucun site pleinement fonctionnel n’est prêt à accueillir des orques dans l’immédiat. Ensuite, les difficultés financières pèsent lourd. Selon les informations de TF1 Info, il manque encore 12 millions d’euros pour lancer les travaux. Ce déficit retarde considérablement le calendrier et rend incertaine toute solution à court terme. Enfin, les contraintes administratives et logistiques compliquent encore davantage la situation. Le transport d’orques sur de longues distances nécessite des autorisations internationales strictes et des moyens techniques exceptionnels. Autant d’éléments qui freinent le projet.
Dans ce contexte, la décision finale apparaît autant politique que technique. Le gouvernement français doit arbitrer entre une solution rapide mais contestée et une option plus vertueuse mais incertaine. Les ONG, de leur côté, maintiennent leur position. Elles privilégient un sanctuaire marin, estimant qu’un transfert vers un parc comme Loro Parque ne ferait que prolonger la captivité.
À l’inverse, certains experts et responsables politiques plaident pour une solution pragmatique. Le transfert vers l’Espagne permettrait de répondre rapidement aux exigences légales et d’assurer une continuité des soins pour les animaux.
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