Les fourmis, le nouveau trafic d’animaux à la mode
C’est un nouveau commerce incontrôlé faisant peser de lourdes menaces sur la biodiversité : le trafic de fourmis à l’international.

L’élevage de fourmis à domicile connaît un engouement croissant. Un trafic simplifié par les livraisons en ligne.
Un trafic international d’animaux
Sur les réseaux sociaux, les « influenceurs » spécialisés, des groupes d’échanges et des offres promotionnelles pullulent. En quelques clics sur internet, des particuliers peuvent ainsi commander des reines fécondées et des colonies livrées directement par la poste. Ce trafic en plein essor s’étend des espèces locales et abordables jusqu’à des spécimens rares, géants ou exotiques, favorisant la création d’un commerce étonnamment accessible à tous.
Cette demande grandissante alimente un trafic international d’animaux sauvages particulièrement rentable et discret. Les filières criminelles tirent profit d’un rapport coût-bénéfice très avantageux : la revente de reines prélevées dans la nature peut rapporter des dizaines de milliers d’euros, et ce pour un investissement dérisoire. En raison de la taille réduite des insectes et de la facilité d’envoi par colis ordinaires, ce réseau clandestin s’avère bien plus difficile à intercepter et à contrôler pour les autorités que le trafic de grands mammifères.
Des espèces invasives
Ce commerce incontrôlé fait peser de lourdes menaces sur la biodiversité. D’une part, le pillage intensif de reines fragilise les écosystèmes d’origine. D’autre part, la vente d’espèces exotiques envahissantes présente un risque élevé d’invasion biologique dans les pays où elles sont livrées. Si ces fourmis s’échappent ou sont relâchées dans la nature, elles peuvent supplanter les espèces locales, perturber la flore et la faune environnantes, et parfois provoquer des réactions allergiques graves ou des nuisances sanitaires chez l’humain.
Face à ces enjeux écologiques, la législation internationale demeure très incomplète. La plupart des conventions environnementales ne couvrent pas la majorité des insectes, et seules quelques espèces invasives font l’objet d’interdictions de vente au niveau européen. Devant ce manque de régulation et de contrôle sur les plateformes en ligne, chercheurs et passionnés plaident pour un encadrement juridique renforcé, une meilleure sensibilisation du public. Et quitte à se passionner pour les fourmis, mieux vaut être responsable et se concentre sur les espèces locales issues de nos propres jardins.
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