Dépistage du cancer du poumon : un programme pilote déployé dans plusieurs régions

Le cancer du poumon reste le cancer le plus meurtrier en France. Depuis le printemps 2026, un vaste programme de recherche baptisé IMPULSION est déployé dans plusieurs régions afin d’évaluer la faisabilité d’un dépistage à grande échelle.

Rédigé par , le 16 Jun 2026, à 9 h 45 min
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depistagedepistageParticularité de cette expérimentation : non seulement il s’agit de valider une nouvelle méthode de dépistage, mais des participants peuvent aussi faire détecter réellement des cancers à un stade précoce.

Cancer du poumon : une expérimentation de dépistage à grande échelle

Le 18 mai 2026, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a officiellement ouvert les participations aux programme IMPULSION, une étude nationale destinée à évaluer la mise en oeuvre d’un dépistage organisé du cancer du poumon en France. Ce projet intervient dans le prolongement des recommandations formulées en 2022 par la Haute Autorité de santé, qui avait encouragé le lancement d’expérimentations afin de mesurer la faisabilité d’un dispositif de dépistage à grande échelle. Portée par l’AP-HP, les Hospices civils de Lyon et le CHU de Nice, cette recherche bénéficie d’un financement de 6 millions d’euros de l’Institut national du cancer. Son ambition est considérable : recruter 20.000 participants volontaires afin d’évaluer les conditions d’un éventuel déploiement national. Sont éligibles les personnes résidant dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Île-de-France, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le programme IMPULSION est actuellement déployé en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’adresse aux personnes présentant un risque élevé en raison de leur exposition au tabac.

L’objectif principal n’est pas encore de mettre en place un dépistage généralisé. Il s’agit avant tout d’une recherche visant à déterminer si un programme national peut être organisé efficacement, tant sur le plan médical qu’économique. Une étude médico-économique est d’ailleurs intégrée au protocole afin de comparer les coûts du dépistage à ceux engendrés par des cancers diagnostiqués tardivement. Cette démarche répond à un enjeu majeur de santé publique. Selon les données relayées par l’AP-HP, près de 53.000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année en France, et environ 30.900 personnes en meurent. Plus préoccupant encore, 73 % des cas sont aujourd’hui découverts à un stade avancé, lorsque les possibilités thérapeutiques sont plus limitées.

Or, plusieurs études internationales ont montré que le dépistage par scanner thoracique à faible dose permettrait de réduire la mortalité spécifique liée à cette maladie de 20 à 25 %. Lorsqu’il est associé à une aide au sevrage tabagique, ce bénéfice pourrait même atteindre 38 %.

Le cancer du poumon recherché grâce à un scanner faible dose et l’appui de l’IA

Le dispositif retenu repose sur un scanner thoracique à faible dose d’irradiation. Selon la notice d’information remise aux participants, l’exposition aux rayons X correspond approximativement à deux à six mois d’irradiation naturelle reçue en France. Chaque volontaire bénéficie d’un premier examen lors de son inclusion, puis d’un second scanner un an plus tard et d’un troisième trois ans après le premier. Des examens intermédiaires peuvent être programmés lorsqu’une anomalie nécessite une surveillance rapprochée.

Les images sont analysées par des radiologues spécialisés, avec l’assistance d’outils d’intelligence artificielle destinés à améliorer la détection des anomalies. Le programme prévoit également la constitution d’une importante base d’images anonymisées afin de poursuivre les travaux de recherche et d’enseignement.

L’intérêt de cette expérimentation est qu’elle produit immédiatement un bénéfice potentiel pour les participants. Contrairement à certains projets organisationnels, IMPULSION conduit à la réalisation effective d’examens de dépistage susceptibles d’identifier des cancers débutants. La notice de l’étude indique ainsi que la découverte d’une tumeur pulmonaire à un stade précoce permet généralement une prise en charge plus efficace et augmente fortement les chances de guérison. Même si cette situation demeure relativement rare, une large étude européenne citée dans le document estime qu’environ 0,9 % des participants pourraient voir un cancer du poumon détecté précocement.

Programme IMPULSION : des bénéfices qui dépassent le seul cancer

Les bénéfices attendus du programme ne concernent pas uniquement le dépistage du cancer du poumon. Les scanners réalisés permettent également d’identifier d’autres pathologies liées au tabagisme. Les radiologues peuvent ainsi repérer des signes d’emphysème ou de bronchite chronique, deux maladies respiratoires fréquentes chez les fumeurs. Des anomalies des artères coronaires peuvent également être détectées. Celles-ci constituent un marqueur reconnu du risque cardiovasculaire et peuvent conduire à une prise en charge préventive.

Le protocole prévoit aussi le repérage de signes d’ostéoporose. Cette fragilité osseuse, souvent silencieuse, peut être traitée lorsqu’elle est diagnostiquée suffisamment tôt, réduisant ainsi le risque de fractures ultérieures. Par ailleurs, tous les participants qui fument encore se voient proposer un accompagnement spécialisé au sevrage tabagique. Des consultations avec un tabacologue peuvent être organisées, y compris à distance, afin d’aider les personnes concernées à arrêter leur consommation.

Le document d’information précise également qu’une sous-étude optionnelle permet, dans certains centres, de réaliser une spirométrie. Cet examen simple mesure les capacités respiratoires et vise notamment à dépister la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une autre conséquence fréquente du tabac.

Cancer du poumon femmes

L’AP-HP veut vérifier la faisabilité d’un futur programme de dépistage national

Si les bénéfices potentiels sont réels, les promoteurs du projet rappellent qu’IMPULSION demeure avant tout une recherche. Les données recueillies doivent permettre de répondre à plusieurs questions essentielles : comment identifier les populations à risque, comment organiser les convocations, comment assurer le suivi des résultats et quel serait le coût d’un déploiement national. Les chercheurs devront également mesurer les contraintes liées au dépistage. Selon la notice remise aux participants, jusqu’à 15 % des scanners pourraient conduire à un examen de contrôle supplémentaire. Toutefois, plus de 95 % des petites anomalies ainsi surveillées se révèlent finalement bénignes.

L’étude doit se dérouler sur cinq ans. Chaque participant sera suivi pendant une durée maximale de quatre ans. À l’issue de cette période, les résultats permettront aux autorités sanitaires de disposer de données concrètes pour décider de l’opportunité d’un programme national organisé.

L’enjeu est considérable. Le cancer du poumon demeure aujourd’hui l’un des cancers les plus difficiles à traiter lorsqu’il est découvert tardivement. En démontrant qu’un dépistage ciblé est à la fois réalisable et bénéfique, IMPULSION pourrait ouvrir la voie à une nouvelle stratégie de lutte contre cette maladie en France.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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