Une deuxième centrale photovoltaïque citoyenne inaugurée dans le Nord

La deuxième centrale photovoltaïque citoyenne dans le département du Nord a été inaugurée mercredi 9 décembre à l’école d’Ercan dans la commune d’Erquinghem-Lys (Nord). En pleine COP21, cette inauguration fut une aubaine pour l’association Solis à l’origine du projet.

Une deuxième centrale photovoltaïque citoyenne inaugurée dans le Nord

C’est une coïncidence heureuse pour l’école d’Ercan à Erquighem-Lys (Nord). Elle a inauguré mercredi 9 décembre dernier sa centrale photovoltaïque citoyenne alors que la COP21 se tenait à Paris. Grâce à un retard des travaux, les regards se sont alors tournés vers cette petite école située à une vingtaine de minutes de Lille.

Une énergie citoyenne

Depuis ce jour, l’école d’Ercan produit de l’électricité grâce aux panneaux solaires posés sur sa toiture fraichement rénovée. Raccordée au réseau EDF, elle va contribuer à alimenter la commune avec une énergie propre et renouvelable. Pour Vincent Douchet, adjoint au patrimoine communal à la mairie d’Erquinghem-Lys, « c’est une manière de montrer l’exemple et d’apporter une réponse au changement climatique, surtout pour nos enfants ».

Cette inauguration est l’aboutissement d’un projet porté par la mairie d’Erquinghem-Lys et l’association Solis. Créée en 2011, l’association Solis développe des projets de centrales photovoltaïques citoyennes dans le département du Nord. L’association a fondé pour cela une coopérative citoyenne : la Scic Solis Métropole.

« L’association a été créée pour les gens qui voulaient s’investir dans les énergies renouvelables mais qui ne pouvaient pas se le permettre financièrement. Les panneaux solaires sont trop chers pour des particuliers », explique Thomas Roillet, gérant de la coopérative.

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Le principe est de développer des projets en partenariat avec des mairies et d’ouvrir le financement aux particuliers. Les mairies financent généralement le projet à hauteur de 30 % par des subventions pour le matériel, et prennent 20 % du capital. Le reste est financé entièrement par les particuliers et les éventuels prêts nécessaires, le tout au travers de la coopérative. La première centrale a été installée en 2013 sur la façade de l’école Painlevé à Lille Sud.

Un bilan positif

La production annuelle de l’école Painlevé était estimée à environ 25.000 kwh en 2013 au moment de son installation. « Le dernier bilan date du 3 décembre : la centrale a produit 25.400 kwh en 2015. C’est un bon bilan », ajoute Thomas Roillet. L’électricité produite est ensuite rachetée par EDF.

« C’est un investissement lourd, mais ce genre de centrale fonctionne pendant vingt ans. Les dix premières années servent à rembourser les prêts et à atteindre la rentabilité », explique le gérant de la coopérative.

A la question de l’empreinte écologique des matériaux utilisés pour la production des centrales, Thomas Roillet explique que Solis préfère payer plus pour surveiller la qualité et l’origine des matériaux : « Les panneaux sont produits en Allemagne et assemblés en France, contrairement aux 80 % de panneaux produits en Asie ».

Pour un parent d’élève à Lille Sud, cette initiative est plus que positive : « Cela donne un exemple concret d’action pour l’environnement à nos enfants, et toute la commune peut s’impliquer ».

Adapter les écoles pour sensibiliser

Le choix de développer ces projets dans des écoles n’est pas anodin. Pour Thomas Roillet cela répond à « un besoin de visibilité et de sensibilisation ». Selon lui, la faible rentabilité de ce genre de projets les oblige à se tourner vers des élus concernés par la question climatique et prêts à louer des bâtiments publics.

Du point de vue pédagogique, le directeur de l’école d’Ercan Michel Bourrel explique que tout est fait pour impliquer les élèves : « Les compteurs vont être affichés pour qu’ils puissent suivre la production, les élèves du cycle 3 ont eu des cours sur les énergies renouvelables, et tout leur est expliqué pour préparer l’inauguration ».

Même si la production de ce genre de centrale ne représente qu’environ un quart de la consommation des écoles concernés, ce genre d’initiatives semblent plaire dans le Nord et le Pas-de-Calais où une autre association, Energ’Ethic, a déjà développé trois projets de centrales du même type.