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Castorama – WWF, partenariat exemplaire ? (2)

Lire la 1ère partie du reportage

Si M. De La Chesnais parle d’une "écoconception"des produits, sa réflexion et sa coopération avec le WWF sur leur exploitation durable ne s’arrêtent cependant pas à leur fabrication et leur utilisation mais concernent tout leur «cycle de vie»  :

  • Que faire des produits vendus et qui sont hors d’usage ?
  • Que faire des déchets de suremballage qui sont à l’arrière des magasins ?
  • Que faire pour réduire l’emballage de chaque produit ?

La sensibilisation à des modes de consommation et à des gestes écologiques ne concerne pas seulement le grand public mais l’ensemble du personnel de Castorama.

Les engagements de Castorama

  • Recycler les produits usagers de ses clients (28 tonnes de piles par an, 60 tonnes de produits électriques, plus de 10 tonnes de papier de bureau)

  • Renouveler les tenues de ses vendeurs et toutes les tenues anciennes qui vont servir d’ isolants pour les portières de voiture…

  • Intégrer le développement durable dans la construction de ses magasins  : St Marcel-Les-Valence est ainsi entièrement fourni en eau chaude par des panneaux solaires et le magasin du Cannet récupère l’eau de pluie.
  • De même 70 % des éditions au niveau des catalogues sont issus de filières certifiées.

Le catalogue pour économiser

En 2007 a été publié un catalogue intitulé "Ma planète, c’est ma maison" réalisé entièrement en papier recyclé. Tous les produits écologiques figurent au sein de ce véritable "guide vert" disponible en magasin depuis juin dernier.

L’objectif de ce catalogue était de permettre aux clients de prendre connaissance des produits sélectionnés par Castorama et le WWF pour une maison saine et écologique (rf. La maison, lieu stratégique) tel qu’il est affirmé en couverture. Il met en avant tous les produits innovants pour réduire sa consommation d’énergie :

  • «On sait qu’une maison économe (dite "basse consommation") chez nous est une maison qui consomme 50 kilowatt par an au m², ce qui est à peu près 3 à 4 fois moins que la moyenne des maisons française et 6 fois moins qu’avant la première réglementation thermique (1975)» affirmait Bruno De La Chesnais.


 

Au-delà de l’aspect commercial, ce catalogue avait aussi une visée pédagogique. Il recèle de conseils et d’informations pratiques sous la signature du WWF. Ce catalogue est une des solutions apportées par Castorama, avec l’aide du WWF, pour sensibiliser sa clientèle aux gestes écologiques.

Un partenariat avec le WWF pour sensibiliser le public

Car l’intérêt de travailler avec le WWF est de bénéficier non seulement d’un savoir-faire mais aussi d’un "savoir-parler". S’engager avec le WWF signifie aussi s’engager à communiquer sur les réalisations, les actions menées avec un langage qui respecte les critères environnementaux du WWF. Castorama a la volonté de sensibiliser le grand public et de communiquer sur les bénéfices environnementaux de ses produits écologiques. Or l’information donnée au public se révèle être l’une des principales difficultés à laquelle l’entreprise se trouve confrontée.

Developpement durable article
Une étude réalisée entre 2004 et 2006 auprès de 1000 consommatrices a révélé l’insatisfaction de ces dernières en matière d’informations sur les produits écologiques :

  • «Elles nous ont expliqué que c’est en leur parlant sur le bénéfice individuel, par exemple le gain pour leur santé, le gain en terme de coût, qu’elles vont être satisfaites : est-ce utile pour moi ?» expliquait M. De la Chesnais

Parler de l’impact de ces produits sur la santé ou encore sur l’économie d’énergie demeure l’un des principaux soucis de l’enseigne :

  • «Nous ne voulons pas faire de fausses allégations et trouver la terminologie qui soit à la fois scientifique mais aussi compréhensible pour nos consommateurs, qui leur "parle"».

Alors, comment promouvoir ces produits ? Comment expliquer à un client le gain en terme de coût énergétique et financier de l’investissement dans un écolampadaire (60 euros) par rapport à un halogène standard (20 euros) ?

Premières tentatives d’explications "brutes"  : ce gain, exprimé en kilowatt rapporté à 1000 h d’utilisation, représente 25 euros ou 250 kwatt d’économie par an pour un seul écolampadaire. Or ce lampadaire est garanti deux ans, ce qui fait que, durant cette période de garantie, l’acheteur gagne 50 euros. Pour un produit qui en vaut 60, cela fait 10 euros en coût net, y compris les économies d’exploitation, au bout de la période de garantie… Autant dire que cette économie finalement réalisée n’est pas forcément évidente à l’achat et à expliquer dans des termes compréhensibles par le grand public…

La nouvelle "pédagogie-client"

Pour remédier à ce problème, Castorama s’emploie à développer toute une "pédagogie-client"qui passe par :

  • des formations de ses vendeurs de 2 heures en ligne par secteur (la décoration, le bricolage, le jardin et le batî) avec des exercices pratiques.
  • des formations plus lourdes auprès d’organismes habilités. Le principe est toujours d’argumenter pour un produit écologique par rapport au produit standard en expliquant son impact au niveau écologique, économique mais aussi sur la santé.
  • des stages gratuits ("Castostages") ouverts au grand public ont été lancés au niveau des magasins depuis septembre. L’une des grandes thématiques de ces stages est ainsi : comment faire des économies d’énergie à domicile ?

Responsabiliser le public et lui inculquer les gestes quotidiens pour le respect de l’environnement est devenu le credo de "Casto"

Face à des clients toujours plus exigeants en terme de performance de leur habitation, Castorama se doit d’aller au devant d’eux. C’est dans cette perspective que s’inscrit son partenariat avec le WWF qui apporte certes une valeur ajoutée à l’entreprise mais dont les compétences au niveau écologique ou social sont à même de faire évoluer les pratiques de chacun. 


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