La marche, bonne pour la santé, mais…
Si elle est vantée par les médecins et la prévention sanitaire, la marche ne suffit pas pour garder une forme physique optimale.

C’est l’activité physique favorite du grand public. Pourtant, une vaste étude américaine, menée par l’équipe du chercheur Christiaan Abildso (Université de Virginie-Occidentale) et publiée dans la revue PLOS One(1), remet en question l’idée selon laquelle marcher suffirait pour garantir une forme physique optimale.
Ville ou campagne, tout change
En analysant les habitudes de près de 400.000 adultes, ces travaux révèlent les limites de cette pratique exclusive et soulignent l’importance cruciale de diversifier les exercices pour répondre véritablement aux besoins du corps humain. Ainsi, aux États-Unis, la marche constitue de loin le loisir sportif le plus représenté, cité par plus de 44 % des adultes. Cependant, un quart seulement des marcheurs (25 %) parvient à respecter l’ensemble des recommandations sanitaires officielles, qui préconisent au moins 150 minutes d’effort aérobie modéré associées à deux séances hebdomadaires de renforcement musculaire. À l’inverse, près de 22 % de ces adeptes ne remplissent aucun de ces deux critères de référence. Un décalage flagrant entre la perception de l’effort fourni et l’efficacité réelle sur le conditionnement physique global.
Cette étude met également en évidence l’impact déterminant du cadre de vie sur la manière de bouger. Alors que la marche rassemble citadins et ruraux, les autres choix d’exercices divergent fortement : les habitants des villes s’orientent davantage vers la course à pied, le vélo, la danse ou la musculation en salle. Les résidents des campagnes, eux, privilégient le jardinage, le bricolage agricole, la chasse et la pêche. Faute d’infrastructures adaptées en milieu rural, telles que des pistes cyclables, des équipements publics ou des salles de sport, les populations rurales affichent ainsi des taux d’inactivité globale plus élevés.

Pour rester en forme, la marche gagne à être complétée par du renforcement musculaire.
Penser renforcement musculaire
L’impératif : associer le travail musculaire à l’effort cardio-vasculaire de la marche. Si marcher stimule l’endurance, cela ne sollicite pas suffisamment la masse musculaire ni la densité osseuse pour préserver l’organisme face au vieillissement ou à un métabolisme ralenti. Le renforcement musculaire, réalisé en salle avec des charges ou intégré naturellement au quotidien, est tout aussi indispensable pour optimiser sa santé, prévenir les blessures ; et renforcer les capacités cognitives.
Face à ces conclusions, les chercheurs appellent à repenser les messages de santé publique, trop souvent généralistes. Encourager la marche demeure la base. Mais les politiques de prévention doivent désormais intégrer la dimension géographique et sociologique des territoires. En zone rurale, l’enjeu consistera par exemple à valoriser ou adapter des tâches physiques déjà existantes (jardinage lourd, travaux extérieurs) pour en faire de véritables leviers de musculation. Pour rester en pleine forme, il ne suffit donc pas seulement de bouger régulièrement, mais d’adopter une routine variée et équilibrée.
Ce qu’il faut retenir
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