DPE : des milliers de logements remis en location sans travaux
La nouvelle modification du calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) va remettre sur le marché locatif des millions de « passoires thermiques ».

Le gouvernement français envisage une nouvelle modification du calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). De quoi modifier automatiquement la note de 2,28 millions de logements
Des « passoires thermiques » évaporées
Ce coefficient, déjà réduit de 2,58 à 1,9 ces dernières années, pourrait prochainement passer à environ 1,7. Objectif : corriger les règles techniques actuelles qui pénalisent fortement les habitations chauffées à l’électricité. En particulier les petites surfaces situées au rez-de-chaussée ou sous les toits des immeubles anciens, qui subissent les plus fortes déperditions thermiques.
Cette révision technique représente un enjeu considérable pour le parc immobilier français, puisqu’elle pourrait modifier la note de 2,28 millions de logements. Cela équivaut à sortir plus de la moitié des « passoires thermiques » actuelles des catégories F et G, et ce, sans qu’aucun travail de rénovation ne soit nécessaire. La révision précédente sur le même principe a d’ailleurs déjà permis à environ 850000 habitations d’améliorer artificiellement leur étiquette énergétique, selon les données de Bercy.
Des risques de dérive
Du côté des professionnels de l’immobilier et des bailleurs, cette perspective est évidemment accueillie avec soulagement. En principe, la loi doit interdire progressivement la location des logements classés G depuis janvier 2025, puis F en 2028. Cette mesure permettrait de desserrer la pression financière sur les propriétaires confrontés à des travaux de rénovation très coûteux. Et également d’éviter une crise majeure et un gel massif du marché locatif, déjà extrêmement saturé.
La mesure suscite tout de même de vives critiques, certains experts du secteur dénonçant une amélioration « sur le papier ». En effet, ce changement réglementaire réduit le nombre de passoires thermiques de manière purement virtuelle, sans réduire la consommation réelle ni faire baisser la facture énergétique des locataires. De plus, ces fluctuations successives du DPE impactent aussi directement la valeur de négociation des biens immobiliers. En effet, celle-ci peut chuter de 15 % à 25 % en fonction d’un simple changement lettre sur le diagnostic. Un effet qui ouvre la voie à bien des dérives…
Lire aussi
Réforme énergétique 2026 : vers l’interdiction totale du gaz et une révolution du DPE
A lire absolument



























