La nouvelle notoriété de la viande de cheval et le « scandale » alimentaire ont remis en avant un principe que les politiciens américains connaissent bien : le mensonge est plus grave que le péché lui-même. Car enfin, ne trouvez-vous pas qu’avec le scandale de la viande de cheval, on en fait un peu trop ? Je m’explique.
Viande de cheval = indigestion médiatique !
Si on mesure l’ampleur de l’hystérie médiatique, on pourrait penser qu’on a trouvé de la mort aux rats dans les lasagnes ou de la dioxine dans les raviolis. Les journalistes, y compris ceux qui ne sont pourtant pas végétariens, sont partie bride abattue : un nouvel os qui fait peur et ils en font tout un plat.
Pourtant, des consommateurs qui ont consommé les plats cuisinés entachés de viande chevaline, aucun n’est mort, ni même tombé malade. D’ailleurs aucun ne s’en est même aperçu !
La viande de cheval, ce n’est pas de la dioxine
Non, le problème provient de la tromperie, de la magouille économique qui consiste à faire passer un produit pour un autre. Il provient aussi du fait que certains consommateurs préfèreraient manger de la vache enragée que du cheval.
Manger le meilleur ami de l’homme, ça fait un peu sauvage chez les Rosbifs et les Yankees… mais chez nous, pas vraiment.
Et c’est ce qu’on ne digère pas avec le présent galop médiatique au sujet de l’hyppo-consommation : elle donne une très mauvais réputation à une viande ne le mérite pas et qui a longtemps eu la belle part dans nos assiettes. Pas étonnant, elle a des qualités qui font dire à certains qu’elle est meilleure que la viande de boeuf :
- peu de graisses : moins de 5 % de lipides, dont une bonne part (60 % environ) sont des acides gras insaturés,* ce qui est bon pour éviter le cholestérol,
- riche en fer : Plus de 3 mg de fer pour 100 g,Pour une adolescente, consommer une portion de 100 g de viande chevaline permet de couvrir plus d’un quart* de ses Apports Nutritionnels Conseillés en fer.*
- riche en vitamines : B3, B6, Vitamine B12 qui se trouve uniquement dans les produits d’origine animale : les Apports Nutritionnels Conseillés en vitamine B12, pour un homme, sont assurés* intégralement par la consommation de 100g de viande chevaline.
- riche en protéine : avec une teneur de l’ordre de 20 g pour 100 g, la viande chevaline est un aliment riche en protéine.
- un goût plus prononcé : grâce au glycogène qui lui donne un petit goût sucré
- très tendre : aucun morceau ne nécessite une cuisson longue ce qui permet de conserver intactes ses propriétés nutritionnelles à la cuisson.
La viande de cheval n’est donc pas un poison, loin s’en faut ! Ne montons pas sur nos grands chevaux et restons calmes : nous ne voulons pas que des traders nous trompent mais la viande de cheval ne nous met pas en danger.
Vous me direz que pour le consommateur, y voir clair dans les étiquettes est … une vraie course d’obstacles.
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La viande de cheval en France
Les éleveurs de chevaux de trait représentent 26 % des 43 530 éleveurs d’équidés : 5 régions (Auvergne, Midi-Pyrénées, Bretagne, Franche-Comté,Aquitaine) ont vu naître près de 60 % des chevaux de trait français).
La France connaît un déséquilibre production/consommation de viande de cheval. Les Français, amateurs de viande rouge, préfèrent la viande de cheval de réforme à la viande de poulain, contrairement aux Italiens et Espagnols.
Plus de 27 000 tonnes de viande chevaline ont ainsi été importées, principalement du Canada. L’importation de cheptel vif, avec 7 130 têtes en 2006, en provenance essentiellement de Pologne, a tendance à disparaître. Les deux tiers de la viande consommée en France proviennent donc de chevaux de réforme et seulement un tiers de ceux-ci, dans l’hexagone, sont dirigés vers l’abattoir. Il serait souhaitable, pour l’économie française, de développer l’élevage de chevaux pour la consommation de viande.**
* Table de composition REGAL, 1995 et Apports nutritionnels conseillés pour la population française, 3e édition, Tec et Doc 2001
** source : CIV, centre d’information des viandes