Verglas et neige : mollo sur le sel !

Chutes de neige et verglas, dans des proportions parfois importantes selon les régions, vont commencer, rendant les conditions de circulation difficiles et glissantes sur le réseau routier, mais aussi pour les piétons. Pour y remédier, on a largement recours aux sels de déneigement (chlorures). Mais, ce déglaçant pratique et peu coûteux pollue aussi durablement les écosystèmes.

Rédigé par Jean-Marie, le 12 Dec 2020, à 7 h 47 min
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Le verglas et la neige en hiver, c’est banal. Comme de vouloir s’en débarrasser. Le salage reste la technique la plus répandue pour éliminer le verglas ou prévenir sa constitution. Or, le sel de déneigement coûte 100 euros par tonne et cause des dégâts à la faune, à la flore et aux sols. Alors avant de dégainer la « salière », y a-t-il des manières plus écologiques de déneiger ? Faut-il arrêter le salage ? Voici les éléments du débat.

Le salage anti-verglas en question

Les bénéfices du chlorure de sodium – différent du sel de table – pour faire fondre la glace sont connus : relativement peu cher, il réduit considérablement les accidents en abaissant la température à laquelle l’eau se transforme en verglas, et permet ainsi de ne pas trop ralentir les activités économiques d’une région en cas d’intempérie.

Les routes sont glissantes ! Prudence ! © Olaf Naami

Pour « combattre » ces désagréments de l’hiver, sa consommation est toutefois en forte augmentation. Au cours des saisons récentes, la consommation de sel d’épandage a largement dépassé la quantité utilisée dans la transformation des aliments, et a donné à l’environnement un véritable « gommage au sel ».

Pour la France entière, ce sont entre 750.000 et 1,5 million de tonnes qui sont déversées sur nos trottoirs et nos routes pour déneiger. Cela invite à la prudence quant au coût économique et environnemental.

Le déneigement par salage : une note de plus en plus… salée

Cette addiction au sel de déverglaçage a effectivement un coût économique. Le coût du salage lui-même est élevé : il faut prendre en compte les investissements (saleuses), les coûts directs d’une journée de travail des services de voirie et le coût des fournitures (sel, carburant). On estime le prix du salage des routes en hiver à environ 12 euros du kilomètre.

La facture annuelle directe du sel de voirie pour les grands axes, donc sans tenir compte du salage des villes et routes rurales, est ainsi de 2,3 milliards de dollars aux États-Unis, et l’estimation des dégâts indirects est de 5 milliards par an. En France, l’estimation est de 100 millions d’euros par an, matériel et personnel compris.

Les limites du salage

Dans certains cas difficiles de grand froid et d’épaisseur de neige ou verglas trop épaisses, le chlorure de sodium (la substance la plus utilisée) ne suffit pas : il n’agit plus sous aucune de ces formes et il faut utiliser d’autres fondants, comme le chlorure de calcium. Le hic, c’est que le chlorure de calcium revient 7 fois plus cher que le sel et il n’est donc utilisé que dans les cas indispensables.

Saler les routes pour les rendre moins glissantes – © MakDill

Trop de sel sur une trop grande quantité de neige ou de glace entraîne une baisse localisée de température qui peut favoriser la formation d’une couche de glace.

Verglas, un truc bon à savoir

Il ne sert pas à grand chose de rouler juste derrière une épandeuse de sel en pensant que l’adhérence est à nouveau correcte. En effet, la fusion d’un verglas ou d’une pellicule résiduelle de neige avec un fondant routier (sel) demande environ 20 minutes ; un temps d’action minimum est nécessaire.

Rappel du code de la route

Il est interdit de doubler une sableuse ou une déneigeuse en action sur autoroute ou sur route. L’article R414-17 du code de la route indique que si au moins une voie de circulation est couverte de verglas ou de neige, même sur seulement une partie de sa surface, les véhicules de plus de 3,5 tonnes n’ont pas le droit de dépasser. D’autre part tous les véhicules ont interdiction de dépasser des engins de service hivernal en action.

Le salage a un impact négatif sur l’environnement

Le salage des routes nuit-il à l’environnement ? L’utilisation des sels de déneigement a un impact négatif évident sur l’environnement. Ces sels limitent la croissance des arbres au printemps et polluent durablement les sols. En outre, le salage des routes peut également modifier la composition chimique voire biologique des milieux aquatiques. Même les bâtiments et les infrastructures souffrent d’un salage excessif.

La plupart des espèces vivantes n’apprécient pas du tout le salage.

  • Selon un rapport américain, le salage des routes, utilisé pour faire fondre la glace ou la neige, aurait un impact sur la biodiversité des cours d’eau.

La neige fondue, chargée en sel, s’écoule et finit dans les cours d’eau. Le sel finit par stagner et s’infiltrer dans les sols, dans les nappes phréatiques et dans les lacs. Or le sel a un effet négatif sur la faune, et notamment sur les espèces aquatiques. Certains animaux réagissent fort mal au taux de salinité de l’eau, comme les amphibiens (salamandres, tritons, crapauds).

Le sel source de pollution pour l’eau – © Vladimir Sotnichenko

Un effet surprenant du salage sur certaines espèces

Un effet collatéral peu connu du salage massif des routes depuis des décennies a été démontré sur les routes européennes. Certaines plantes maritimes trouvent le long des routes qui ont été salées un milieu favorable à leur développement, et elles colonisent ces nouvelles terres d’accueil dont la salinité est accrue par le sel de déneigement.

Lire page suivante : comment déneiger et enlever le verglas d’une manière plus écologique ?

Illustration bannière : Sur le trottoir enneigé – © V_Sot_Visual_Content

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Quel est le coût des salages (sel, engins rarement utilisés, personnel) et des dégradations puis coûts de voirie qui en sont la conséquence à un moment où tout le monde se plaint, à juste raison, de payer trop d’impôts, c’est en effet une vraie addiction qui de plus aurait des conséquences sur l’environnement, il faudrait limiter le salage aux accès et carrefours, et effectivement pour quoi ne pas essayer d’y intégrer un maintien à 1 ° de ces lieux. Par ailleurs personne n’est étonné de devoir mettre des chaines s’il va à la montagne il faut donc obliger à avoir des pneus neige l’hiver.ns un premier

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