Au boulot à vélo : 50 fois moins d’énergie !

Au-delà des bienfaits pour la santé et la qualité de l’air, une évaluation quantitative des énergies mises en jeu par la pratique du vélo sur de courtes distances nous démontre qu’il est finalement assez simple de réduire drastiquement les consommations, sur le simple trajet domicile travail.

Rédigé par Bernard Pierré, le 29 Jun 2020, à 8 h 00 min

Maitriser nos consommations énergétiques ne se réduit pas à la recherche illusoire d’une énergie renouvelable « parfaite » qui, en se substituant aux énergies fossiles, nous exonérerait de questionner nos modes de vie.  Rappelons nous plutôt que la nature nous a doté d’un système énergétique autonome cinquante fois plus efficace que la voiture pour assurer nos déplacements courts, notamment le trajet domicile travail. Démonstration…

À vélo, 50 fois moins d’énergie sur le trajet domicile travail

Imaginons deux employés se rendant à leur travail situé à environ 10 km de leurs domiciles. L’employé A « autosoliste » s’y rend seul en voiture et l’employé B « cycliste » en vélo.

Pour un trajet inférieur à 3 km – soit la majorité des déplacements – on met moins de temps en vélo qu’en voiture ! © ImageFoto

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Combien d’énergie va être mise en jeu sur chacun des trajets domicile travail ?

L’employé A possède une voiture à moteur thermique consommant 5 litres de carburant aux 100 km. Il va donc, pour se rendre à son travail à 10 km, consommer 0,5 litre soit 5 kWh d’énergie.

L’employé B qui roule à vélo à 20 km/h va lui pédaler environ 30 minutes.

La puissance musculaire de pointe d’un cycliste du tour de France gravissant un col est de l’ordre de 400 W. Maintenir cet effort est proprement fabuleux et correspond à la puissance physique d’un sportif exceptionnel.
Une personne en bonne santé roulant sans forcer sur un trajet plat développera au maximum 200 W. L’énergie musculaire dépensée par l’employé B sera donc de 200W x 0,5 h = 100 Wh soit 0,1 kWh.
Ce rapide bilan montre que les énergies mises en jeu pour le déplacement sont dans un rapport 50 !

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Une nourriture saine et équilibrée, LE carburant éprouvé !

L’énergie absorbée par l’employé B sera certes supérieure au strict besoin musculaire puisque la transformation alimentaire et le maintien en température du métabolisme consomment une grande partie du contenu énergétique de la nourriture.
Mais cette énergie est dépensée aussi par l’employé A qui ne fournit aucun effort physique !

Et si l’on peut considérer que l’alimentation produite dans de bonnes conditions est une énergie « renouvelable »,  on ne peut pas en dire autant de celle qui permet aux véhicules thermiques ou électriques de rouler.

Moteur thermique : consommations supérieures sur courtes distances.

La consommation du véhicule de l’employé A est sans doute optimiste : En trajet urbain, avec arrêts et redémarrages aux feux ou dans les embouteillages, elle est généralement supérieure. De plus, sur de petits trajets, la mise en température de la masse du moteur induit une surconsommation sur les premiers kilomètres. Cette énergie sera perdue quelques minutes plus tard sous forme de chaleur sur le parking.

Sans compter cette énergie gaspillée ! © Dragana Gordic

Dans ce bilan n’entrent pas « l’énergie grise », celle qui a servi à fabriquer le véhicule (extraction, transport des matériaux nécessaires) et à traiter la fin de vie ( élimination ou recyclage)

Est ce qu’au moins, la voiture fait gagner du temps sur le trajet domicile travail ?

Le temps de trajet est il réellement plus court en voiture ? Cela reste à démontrer sur des trajets en milieu urbain aux heures de pointe et si on y inclut les temps de sortie du garage, de marche jusqu’au lieu de stationnement ou de recherche d’une place de parking.

Que conclure de ce calcul ?

  • Nous avons totalement perdu la quantité considérable d’énergie que représente l’usage d’un véhicule comparativement à notre capacité musculaire individuelle. (il faudrait pédaler plus de 50 h, soit une semaine entière 7 h par jour sans les pauses) pour mettre en oeuvre l’énergie équivalente à celle contenue dans un litre d’essence !)
  • Il est donc très facile de réduire drastiquement sa consommation d’énergie par la pratique du vélo en se focalisant sur les trajets courts quotidiens, que ce soit pour aller « au boulot », faire des courses ou chez ses amis à proximité, tout en améliorant sa santé et la qualité de vie de tous (bruit, odeur, encombrement, etc.) !
  • La voiture reste bien sur un outil utile, voire indispensable pour certains usages. Mais commençons par mettre en oeuvre les pratiques qui apportent des avantages aussi nets et réorganiser l’espace pour favoriser les modes de transports les plus efficaces !
Illustration bannière : Femme allant au travail à vélo – © Kinga
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Ingénieur énergéticien de formation, Bernard choisit de réorienter son parcours vers le conseil en développement durable en 2010, après 25 ans dans le...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Personnellement je me suis mis à faire mes trajets domicile-travail à vélo il y a 2 ans, soit 40kms/jour. Je me suis habitué et tout va bien j’ai perdu 5 kg, et je pense que l’on pourrait être plus nombreux à le faire.

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