Face à la fast fashion, de plus en plus de marques et de consommateurs se mettent au textile écolo. On décrypte pour vous les étiquettes.
Les substances à éviter dans les textiles
Vous pensez que votre t-shirt n’est fait que de textile ? Si on y regarde un peu plus près, il contient de nombreux substances dangereuses, voire toxiques ; certaines d’entre elles sont même interdites en Europe.
Il s’agit de résidus de substances utilisées lors de la culture, de produits utilisés pour la coloration ou d’autres produits ajoutés au tissu pour qu’il possède telle ou telle propriété.
La mode toxique
En 2012 déjà, l’ONG Greenpeace a publié une enquête sur les dessous toxiques de la mode(3).
Les résultats de l’enquête montrent une utilisation courante de produits toxiques, même chez les grands noms de la mode. Les substances notamment incriminées ? Des phtalates, des colorants cancérogènes, et des NPE (éthoxylates de nonylphénol), des perturbateurs endocriniens.

La teinture peut être une étape très toxique © somchaiito
Les NPE sont des matières interdites depuis 2003 en Europe. Pour Greenpeace, « le lavage des vêtements, puis leur mise en décharge, provoque le rejet de NPE dans l’environnement, où ils se dégradent en nonylphénol (NP), une substance toxique même à très faible dose, qui s’accumule dans les sédiments, atteint la nappe phréatique et se retrouve dans la chaîne alimentaire par bioaccumulation. » Or dans son enquête, l’ONG a retrouvé ces substances toxiques dans les deux tiers des vêtements analysés.
Certains habits, comme ceux de la marque Zara, contenaient également des colorants azoïques, interdits en Europe depuis 2002. Ceux-ci libèrent au cours de leur vie des composés cancérigènes.
Les phtalates également ont été interdits dans les articles pour enfants en France, mais il se retrouvent dans la majorité des textiles analysés. Même à faible dose, ils peuvent perturber le système reproducteur.
Le magazine Envoyé Spécial a également réalisé un reportage sur la mode toxique en 2014. Une ancienne vendeuse de prêt-à-porter témoigne : elle a subi quatre fausses couches, qu’elle doit selon elle à la manipulation quotidienne de vêtements contenant des substances toxiques.
Les textiles peuvent comporter d’autres composés toxiques : composés perfluorés, formaldéhyde, pour les textiles dits sans repassage, retardateurs de flamme pour les textiles de voiture ou d’ameublement, accusés d’être des perturbateurs endocriniens. Le DMF ou diméthylfumarate est aussi interdit en France depuis 2008, mais est utilisé en Asie comme anti-moisissures. Cette substance est susceptible de provoquer d’importantes allergies.
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