Après une enquête qui a duré plus de deux ans, le journaliste Jean-Baptiste Malet affirme que la tomate n’échapperait pas à la mafia.
Exploitation de migrants mais aussi faux-étiquetages, le journaliste, auteur d’une enquête mondiale, dénonce un commerce lucratif, dont la réalité est bien sombre. Derrière le marché de la tomate se cacherait en fait un système mafieux, où la violence règne entre les organisations criminelles.
La tomate : un business rentable pour la mafia
Exploitation de migrants en provenance de l’Afrique ou de l’Europe de l’est, faux-étiquetages, produits importés de Chine ou des États-Unis… Le journaliste Jean-Baptiste Malet, interrogé par Le Parisien le 17 mai 2017, décrit une agriculture italienne contrôlée en partie par la mafia. « Les consommateurs ne savent pas ce qu’ils mangent à cause des pratiques opaques des conserveries« , affirme-t-il au quotidien.

La production de la tomate dominée par la mafia © RGtimeline
Auteur d’une enquête inédite intitulée « L’Empire de l’or rouge« , le journaliste explique qu’un système mafieux, où la « violence extrême » règne entre les organisations criminelles, s’est emparé du marché lucratif de la tomate. « Leur chiffre d’affaires dans ce secteur est estimé à 15,4 milliards d’euros en 2014. Il n’a jamais été aussi facile pour les entreprises criminelles de faire fructifier des capitaux sales« , détaille Jean-Baptiste Malet.
Un système gangrené par des travailleurs migrants non déclarés
Si l’Italie produit énormément de tomates industrielles, elle en importe également en grand nombre. La plupart sont utilisées dans la fabrication des sauces et concentrés. Elles proviennent généralement des États-Unis, de Chine ou d’Espagne, tout en étant présentées comme « Made in Italy« . Ce marché cacherait donc une sombre réalité.
« La quasi-totalité des Africains, Bulgares ou Roumains qui travaillent dans les récoltes ne sont pas déclarés » et gagnent « entre 1,16 et 1,33 centime d’euro par kilo de tomates ramassé« . Pourtant, aucune condamnation n’a encore été prononcée à ce jour. Cela s’explique principalement par l’absence de barrières douanières et de contrôles.
Illustration bannière : extrait vidéo – © Le Parrain