Alors que 72% des Français ne consomment pas de fruits et légumes bio régulièrement, Michel-Edouard Leclerc, le patron de l’enseigne E.Leclerc, a proposé aux pouvoirs publics d’appliquer une TVA à 0% à ces produits.
Michel-Edouard Leclerc souhaite « rendre le bio plus accessible et permettre à la population la plus modeste d’y avoir, elle aussi, accès ».
Les prix des produits bio augmentent à la vitesse Grand V
« Ça ne doit pas être réservé aux plus riches » : ainsi s’est exprimé Michel-Edouard Leclerc, le patron de l’enseigne E.Leclerc, sur le fait que les fruits et légumes issus de l’agriculture biologique restent l’apanage des Français aisés(1).
Et en faisant ce constat, il n’a pas tort : selon une étude de l’Agence Bio, 72 % de nos concitoyens ne consomment pas de fruits et légumes bio régulièrement. Parmi ces personnes, 89 % citent leur prix trop élevé. Pire, les prix des produits bio évoluent plus rapidement que ceux du non-bio. L’association Familles rurales a calculé qu’entre 2017 et 2018, le prix d’un kilo de légumes bio a progressé de 5 %, et celui d’un kilo de fruits de 4 %. Mais c’est surtout sur une longue période que la progression est spectaculaire : le prix des fruits bio a connu une hausse moyenne de 38 % entre 2010 et 2018, contre 19 % pour le conventionnel.

Selon l’Agence Bio, 72 % des Français ne consommeraient pas de produits bio régulièrement. ©Adisa
En achetant du bio, le consommateur paie en moyenne 79 % plus cher
Et si le bio est si cher, ce n’est pas seulement parce que ce mode de production nécessite davantage de travail, la plupart du temps manuel. Selon une étude de l’UFC-Que Choisir, la grande distribution vend les produits bio avec des marges jusqu’à deux fois plus élevées que sur les produits conventionnels. Résultat : un panier de fruits et légumes bio sera 79 % plus cher qu’un panier des mêmes produits en agriculture conventionnelle. L’agriculture bio a même ses « champions » : toujours selon l’UFC-Que Choisir, les tomates bio sont 145 % plus chères que leurs équivalents non-bio, et les pommes 163 % plus chères.
Face à ces chiffres, on peut se demander si une TVA à 0 % est vraiment l’outil le plus efficace pour rendre le bio plus accessible au plus grand nombre…
Illustration bannière : Michel-Edouard Leclerc lors de l’inauguration d’un marché bio Leclerc à Saintes – © Sud Ouest/capture d’écran Youtube