Pendant des décennies, les océans ont servi de réceptacle à nos déchets. Plastiques, hydrocarbures, nitrates, eaux usées ou déchets radioactifs : découvrez les principales sources de pollution marine et leurs conséquences sur la biodiversité
On a longtemps cru que les océans pouvaient absorber indéfiniment les rejets humains dans leurs profondeurs. C’était une erreur. La masse et la diversité des pollutions rejetées dans les océans sont telles qu’il faut regarder la réalité en face : plastiques, déchets toxiques, hydrocarbures, eaux usées, nitrates ou résidus industriels transforment peu à peu les mers en gigantesque exutoire.
Or l’océan n’est pas seulement un paysage de carte postale. Il régule le climat, abrite une biodiversité immense, nourrit des millions d’êtres humains et produit une partie essentielle de l’oxygène que nous respirons. Quand la pollution marine progresse, c’est toute la chaîne du vivant qui vacille.
Ce qu’il faut retenir
• La majorité de la pollution des océans vient des terres, via les fleuves, les eaux usées et les déchets mal gérés.
• Les hydrocarbures polluent les mers, mais ils ne représentent qu’une partie du problème.
• Le plastique se fragmente en microplastiques, ingérés par la faune marine puis par l’humain.
• Les pollutions invisibles, comme les nitrates, les pesticides ou les effluents chimiques, sont parmi les plus préoccupantes.
• Réduire les déchets à la source reste l’un des leviers les plus efficaces.
Pollution des océans : d’où viennent les déchets rejetés en mer ?
Il existe différents types de pollutions déversées dans les océans. Certaines proviennent directement de l’activité maritime : navires, tankers, dégazages, accidents ou naufrages. D’autres, beaucoup plus massives, viennent de la terre ferme.
On estime que près des deux tiers de la pollution marine sont d’origine terrestre. Elle est généralement charriée par les fleuves et provient des décharges, des eaux non traitées, des effluents d’usine, de l’agriculture intensive ou encore des déchets abandonnés dans la nature.
Le réflexe à retenir : un déchet jeté dans une rue, un fossé ou une rivière peut finir en mer. La pollution des océans commence souvent très loin du littoral.
La pollution marine par les hydrocarbures : une goutte d’eau ?
Les 150.000 tonnes d’hydrocarbures déversées chaque année dans les océans ne représenteraient « que » 2,5 % de la pollution des océans. Le chiffre peut surprendre, car les marées noires marquent fortement les esprits. Pourtant, elles ne sont qu’une partie visible d’un problème beaucoup plus vaste.

Dégazage sauvage ou marée noire ? © Korelidou Mila
On peut ajouter à cela les eaux de ballast souillées déversées tous les ans par les navires de marchandises. Les tankers qui sillonnent les océans transportent des eaux destinées à lester le navire. Certains bateaux procèdent encore à des dégazages et déballastages sauvages.
Le mode d’emploi illégal : ces opérations consistent à nettoyer les cuves ou les cargaisons liquides en pleine mer afin d’éviter les coûts de traitement au port. Résultat : des résidus d’hydrocarbures et des matières toxiques se dispersent dans l’eau, souvent loin des regards.
Ces rejets peuvent être plus diffus que les grandes marées noires, donc plus difficiles à repérer, à réguler et à sanctionner. Une étude du WWF datant de 2000 estimait que, pour la seule mer Méditerranée, 1,5 million de tonnes de produits pétroliers étaient déversées chaque année, soit l’équivalent de 75 Erika.
À cela s’ajoute la centaine de navires qui font naufrage chaque année et sombrent au fond des mers. Leurs cargaisons finissent, elles aussi, par s’échapper et polluer l’eau marine.
La pollution des océans par les hydrocarbures vient également du ciel : environ 200.000 tonnes d’hydrocarbures dispersés dans les airs retombent dans l’océan avec la pluie.
Attention : une pollution spectaculaire n’est pas toujours la plus massive. Les rejets chroniques, répétés et peu visibles abîment durablement les écosystèmes marins.
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