Pendant des décennies, les océans ont servi de réceptacle à nos déchets. Plastiques, hydrocarbures, nitrates, eaux usées ou déchets radioactifs : découvrez les principales sources de pollution marine et leurs conséquences sur la biodiversité
À la longue liste des menaces qui pèsent sur les océans, il faut ajouter les déchets radioactifs dans les océans et le réchauffement climatique. Deux sujets moins visibles au quotidien, mais lourds de conséquences.
Déchets radioactifs dans l’océan : une pollution durable et inquiétante
On a du mal à le croire, mais en 1975, la Convention de Londres a autorisé le rejet de déchets nucléaires dans la mer. Cette pratique a ensuite été arrêtée en 1982 sous la pression de l’opinion publique internationale.
Ce mode de rejet a toutefois permis à une douzaine de pays, dont l’Angleterre, de déverser selon les experts 75.000 tonnes de fûts radioactifs enrobés dans du bitume ou du ciment. Le risque écologique demeure aujourd’hui, car on ignore combien de temps ces fûts résisteront aux attaques de l’eau de mer.
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Des tonnes de déchets nucléaires toxiques reposent dans les fonds marins © Elenarts
On peut aussi évoquer le cimetière des sous-marins à propulsion nucléaire russes, restes de la flotte soviétique, du côté de Mourmansk, connu pour ses navires abandonnés.
Une trentaine de navires lanceurs d’engins, de satellites équipés de générateurs nucléaires ou de carcasses d’avions porteurs de missiles, abandonnés à la corrosion, laisseraient échapper une radioactivité importante : sans doute des millions de milliards de becquerels qui reposent au fond de l’eau, soit plusieurs fois les radiations émises par l’accident de Tchernobyl.
Pourquoi c’est préoccupant : les déchets radioactifs immergés ne se voient pas, mais ils posent un problème de très long terme. Leur surveillance, leur localisation et leur confinement restent des enjeux majeurs.
Réchauffement climatique et acidification : les océans sous pression
Au niveau global, un autre phénomène menace les océans : le réchauffement climatique. Les mers absorbent une part importante du CO2 atmosphérique, mais cette absorption a une limite. Plus le CO2 contenu dans l’eau augmente, plus l’eau devient acide.
Cette acidification ralentit la croissance des coquilles des mollusques et fragilise certains crustacés. À la fin du siècle, dans les zones polaires, elle pourrait même rendre la formation de certaines coquilles beaucoup plus difficile.
Les bases de la chaîne alimentaire sont elles aussi menacées par la pollution et le réchauffement, notamment le krill et le plancton. Or ces organismes minuscules jouent un rôle immense dans l’équilibre des écosystèmes marins.
Que peut-on faire à l’échelle individuelle ?
Le mode d’emploi : réduire les déchets jetables, limiter les plastiques à usage unique, choisir des produits ménagers plus simples, ne jamais jeter de produits toxiques dans les canalisations, éviter le gaspillage et soutenir les politiques de traitement des eaux usées sont des leviers concrets.
À cela s’ajoute une action moins visible mais essentielle : réduire son empreinte carbone. Car protéger les océans, ce n’est pas seulement ramasser des déchets sur une plage. C’est aussi limiter les émissions qui contribuent au réchauffement, à l’acidification et à la perte de biodiversité marine.
L’alternative écologique : organiser ou rejoindre une collecte de déchets près de chez soi peut être utile, mais l’impact sera plus fort si elle s’accompagne d’une réflexion sur les achats, les emballages et la consommation quotidienne.
Pollution des océans : le vrai défi est à terre
La pollution des océans ne se résume pas aux déchets flottant à la surface. Elle commence dans les villes, les champs, les usines, les ports, les égouts et nos poubelles. Elle circule par les rivières, les vents, les pluies et les courants.
Bonne nouvelle malgré tout : puisque l’essentiel du problème commence à terre, une partie importante des solutions s’y trouve aussi. Réduction des déchets, meilleur traitement des eaux usées, agriculture moins dépendante des intrants chimiques, contrôle des rejets industriels, lutte contre les dégazages sauvages : les leviers existent.
Les océans ne sont pas une poubelle sans fond. Les traiter comme un bien commun vital est désormais une urgence écologique, sanitaire et économique.
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