Pendant des décennies, les océans ont servi de réceptacle à nos déchets. Plastiques, hydrocarbures, nitrates, eaux usées ou déchets radioactifs : découvrez les principales sources de pollution marine et leurs conséquences sur la biodiversité
L’un des phénomènes les plus préoccupants concernant la pollution des océans est l’invasion du plastique. Mais le plastique n’est pas seul : la pollution venue de la Terre est souvent plus importante, plus diffuse et plus difficile à traiter.
Pollution invisible des océans : eaux usées, pesticides et nitrates
De nombreux polluants se déversent de la Terre vers les mers et les océans. Ils ne flottent pas toujours à la surface et ne se voient pas forcément à l’oeil nu. C’est le cas des effluents chimiques de l’industrie, des eaux usées, des résidus agricoles ou encore des substances issues des activités domestiques.
L’agriculture intensive est une source majeure de pollution marine. Avec les pluies et l’érosion des sols, les résidus de pesticides et les nitrates épandus dans les champs finissent souvent dans les rivières, puis dans les océans.
Même invisibles, ces nitrates posent problème dès l’embouchure des fleuves. Ils nourrissent une prolifération excessive d’algues, comme les « marées vertes » observées sur certaines plages bretonnes. Ces algues peuvent étouffer la vie sous-marine et déséquilibrer les milieux côtiers.
Les eaux usées domestiques et industrielles sont encore trop souvent rejetées sans traitement suffisant. Dans le monde, une grande partie de ces eaux finit dans les milieux aquatiques, entraînant avec elle bactéries, produits chimiques, résidus médicamenteux, métaux lourds et microdéchets.
L’absence de traitement des déchets dans certains pays constitue aussi une source de pollution majeure. Les pays qui bordent la Méditerranée rejetteraient 50 millions de tonnes de déchets chaque année. Les Chinois rejetaient 60 millions de tonnes de déchets dans la mer Jaune chaque jour en 2008.
Le conseil pratique : à la maison, éviter de jeter lingettes, huiles, médicaments, solvants ou produits chimiques dans l’évier ou les toilettes. Ces gestes simples limitent une partie de la pollution invisible.
Plastique dans les océans : une pollution qui étouffe le vivant
La masse du plastique dans l’océan est estimée à plusieurs centaines de millions de tonnes. D’ici 2050, certaines projections alertent sur un océan qui pourrait contenir, en masse, plus de plastique que de poissons si rien ne change(1).
Le plastique inquiète pour plusieurs raisons. Il n’est pas biodégradable dans la nature et se fragmente en morceaux de plus en plus petits. Ces fragments deviennent des microplastiques, avalés par les poissons, les oiseaux, les tortues, les mammifères marins et, au bout de la chaîne alimentaire, par les humains.
Le mécanisme : sacs, bouteilles, filets, emballages et fibres synthétiques se cassent sous l’effet du soleil, du sel, des vagues et du temps. Ils ne disparaissent pas vraiment : ils se dispersent.
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Le continent de plastique dans l’océan © Rich Carey
Le plastique est présent dans une très grande partie de la surface des océans, y compris dans des zones reculées. Les déchets plastiques peuvent s’accumuler sous l’effet des courants marins et former ce qu’on appelle parfois le « 7e continent de plastique ». Dans le Pacifique, cette concentration de déchets forme une immense zone de pollution diffuse.
Mise en garde : le « continent de plastique » n’est pas une île solide sur laquelle on pourrait marcher. Il s’agit plutôt d’une soupe de déchets et de microfragments, ce qui la rend encore plus difficile à nettoyer.
Bonus zéro déchet : comment réduire sa contribution à la pollution plastique ?
Le protocole : commencer par les déchets les plus fréquents et les plus faciles à éviter. Une gourde remplace les bouteilles d’eau, un sac réutilisable évite les sacs jetables, une boîte hermétique limite les emballages alimentaires et les achats en vrac réduisent les plastiques à usage unique.
Autre réflexe utile : privilégier les textiles qui libèrent moins de fibres synthétiques au lavage, remplir correctement la machine, laver moins chaud quand c’est possible et utiliser un sac de lavage anti-microfibres pour certains vêtements techniques.
Enfin, le meilleur déchet reste celui que l’on ne produit pas. Trier est indispensable, mais réduire à la source reste plus efficace que compter uniquement sur le recyclage.
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