La solitude est l’un des grands maux de notre siècle. Et si, demain, des chercheurs parvenaient à trouver un médicament pour lutter contre ses effets socialement dévastateurs ?
Cela ressemble à un film de science-fiction : des scientifiques travaillent sur une pilule contre la solitude…
La solitude peut nuire gravement à la santé
L’être humain est un animal social, il n’est pas fait pour être seul. Pourtant, la solitude est bien l’un des maux de la vie moderne, dans les campagnes comme au coeur des grandes métropoles. Des scientifiques ont donc eu un raisonnement étrange, digne d’un film de science-fiction : et si, comme il existe des pilules contre l’anxiété ou la dépression, on imaginait une pilule contre la solitude ?
Pourquoi envisager la solitude comme une maladie ? Du fait de ses conséquences sur la santé : selon Stephanie Cacioppo, à la tête du Brain Dynamics Lab de l’université Chicago Pritzker School of Medicine, la solitude fait s’élever le risque de maladies cardio-vasculaires et de maladies neurodégénératives. Elle affaiblit également le système immunitaire et influe sur le déclin des capacités cognitives.

La solitude augmente les risques de maladies cardio-vasculaires et neurodégénératives © Iakov Filimanov
L’influence d’un neurostéroïde sur le stress
Avec son mari, également chercheur, aujourd’hui décédé, Stephanie Cacioppo a constaté qu’à la différence de la dépression et de l’anxiété, la solitude n’était en rien reconnue d’un point de vue clinique. Mais selon elle, la sensation de solitude est le fruit de signaux biologiques nous poussant à percevoir des dangers sociaux partout autour de nous.
Elle a concentré ses recherches et poursuivi celles de son mari, sur un neurostéroïde, la pregnenolone, qui agit sur le stress et facilite l’hypervigilance du cerveau. Le but de la chercheuse n’est pas de faire que l’on cesse de se sentir seul, mais d’agir sur la façon dont la solitude agit sur le corps et le cerveau.
Les chercheurs ont donc essayé d’administrer oralement 400 mg de pregnenolone ou un placebo à des personnes seules mais en bonne santé, entre mai 2017 et juin 2019(1). Ils sont optimistes quant aux données et aux résultats qu’ils obtiendront pour réduire l’ultra-moderne solitude que chantait Alain Souchon. Bientôt une pilule contre la solitude ? Qui sait ?
Illustration bannière : Femme mélancolique – © Africa Studio