Les médias en parlent beaucoup depuis quelques temps : l’orthorexie est à la mode. Pourtant, ce trouble du comportement alimentaire est connu depuis longtemps. Les différents scandales alimentaires de ces dernières années l’ont mis en lumière et multiplié.
Une nouvelle religion alimentaire
Le Pr Gérard Apfeldorfer parle de « religion » pour qualifier l’orthorexie. Il souligne que les orthorexiques « ne rigolent pas » et qu’il ne faut « pas les prendre à la légère », car ils sont la manifestation d’un « nouveau puritanisme alimentaire ».
Ils ont un discours idéologique bien construit pour justifier leur obsession qui s’appuie largement sur les peurs alimentaires, les fluctuations des recherches en nutrition, le développement des maladies liées à l’alimentation comme le diabète et l’obésité, mais aussi sur les changements environnementaux et climatiques.
Le psychologue Patrick Denoux, dans son livre Pourquoi cette peur au ventre, y voit l’apogée de l’individualisme, le désir d’être parfait dans un monde où tout semble être dangereux, jusque dans l’assiette. Or celle-là semble maîtrisable. Donc on s’y attaque, et de manière maniaque.
Une alimentation peut être raisonnée sans tomber dans un extrémisme qui la rend dangereuse pour la santé. Bien manger, c’est manger de tout selon son appétit et ses envies. Manger est un acte de partage, le repas est un moment d’échanges, il doit être plaisant et détendu. En se refermant sur elle-même, la personne orthorexique se prive du contact des autres, de la joie de partager un moment convivial.
La réintroduction des aliments-tabous doit être progressive, et la personne largement encouragée. Chaque progrès doit être souligné comme un retour à la vie et au mieux-être du corps et de l’esprit.
Adopter la fameuse maxime « Un corps sain dans un esprit sain » ne peut se faire qu’en redonnant sa confiance à ce que l’on met dans son assiette. Un plat coloré, composé de légumes frais, de féculents complets et d’une viande ou d’un poisson produit localement, le tout arrosé d’une huile d’olive A.O.C., ne peuvent que réconcilier corps et âme.
Pourtant, dans cet environnement anxiogène à souhait, il serait bon de pouvoir se faire plaisir. Et avec ceux qu’on aime, autour d’une table, par exemple.
L’avis de la diététicienne
L’excès, toujours l’excès, est décidément bien mauvais en toute chose ! Surtout pour l’alimentation.
L’orthorexie est le nid de l’anorexie, car la perte de poids est inévitable, avec sa cohorte de carences et de malnutrition. Exactement l’inverse de ce qui était escompté !
Le garde-fou d’un tel comportement reste d’abord le plaisir. Celui de manger en dégustant, et si possible en convivialité, pour que l’amour et l’amitié s’additionnent au plaisir.
Complément de l’article : Sonia C
Veuillez noter qu’Emmanuelle Couturier n’exprime dans ces rubriques que des conseils généraux qui ne sauraient l’engager. Pour des conseils personnalisés, il faut soit la consulter à son cabinet en privé, soit interroger votre médecin personnel.