En 2016, le monde a généré 44,7 mégatonnes de déchets électriques et électroniques, soit l’équivalent de 4.500 tours Eiffel, révèle un rapport de l’ONU.
La production mondiale de déchets a augmenté de 8 % en 2014. Dans le même temps, seuls 20 % d’entre eux ont été recyclés.
Déchets électriques et électroniques : l’ampleur du phénomène est la grande inconnue
Les efforts internationaux visant à contrôler la filière des déchets électriques et électroniques se heurtent à un obstacle de taille : dans le monde, seuls 41 pays tiennent des statistiques sur le devenir de ces déchets. Sollicités sur cette question par l’OCDE et l’ONU en 2015, 66 pays n’ont pas pu (ou voulu) fournir de données(1). On sait cependant que dans beaucoup de pays en voie de développement, les pouvoirs publics ne participent pas à la gestion de ces déchets : ils sont collectés par des personnes sans emploi formel qui font du porte-à-porte et en achètent auprès des particuliers, puis les revendent à des sociétés (plus ou moins professionnelles) qui les recyclent.
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Il arrive souvent que ces déchets soient traités via des procédés artisanaux, comme le brûlage à l’air libre, afin d’en extraire des métaux précieux (qui serviront à la fabrication de nouveaux équipements électroniques). Une fois les composants précieux extraits, ces déchets sont soit incinérés (ce qui entraîne la pollution de l’air) ou enterrés (ce qui empoisonne les sols).

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En Europe, seuls 37 % des déchets électriques et électroniques sont collectés
En Europe, ce sont 12,3 mégatonnes de déchets électriques et électroniques qui ont été générées en 2016, soit 16,6 kilos par habitant en un an. Les pays « champions » en termes de production de déchets sont la Norvège (28,5 kilos par habitant), le Royaume-Uni et le Danemark (24,9 kilos par habitant chacun). En France, ce sont 21,3 kilos de déchets qui sont produits par habitant et par an.
Côté collecte, grand « producteur » de déchets, la Norvège est également le leader européen en termes de collecte, ex aequo avec la Suisse (74 % des déchets collectés en 2016). Viennent ensuite la Suède (69 %) et la Finlande à égalité avec l’Irlande (55 %).
Depuis 2016, la directive relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques (dite Directive DEEE), adoptée en 2012, oblige les États membres de l’UE à collecter au moins 45 % des déchets de ce type, un pourcentage qui sera porté à 65 % en 2019. Dans les faits, les chiffres stagnent depuis 2009 : tous pays européens confondus, seuls 37 % des déchets sont actuellement collectés.
Des projections permettent également d’estimer que 52 millions de tonnes de déchets électroniques supplémentaires pourraient être produits d’ici 2020.
Illustration bannière : Usine de traitement des DEEE © OVKNHR / Shutterstock