Le sexe écolo existe : et si vous deveniez « écosexuel » ?
Entre militantisme écologique, reconnexion au vivant et sensualité assumée, l’écosexualité intrigue autant qu’elle questionne notre rapport à la nature.

Depuis le début des années 2000, comme un retour en force des idées New Age des années 70, un nouveau mouvement écologiste et féministe prend de l’ampleur un peu partout dans le monde, et en particulier aux États-Unis : l’écosexualité. Le principe ? Une sexualité plus ouverte et holistique, mais aussi plus écologique et connectée à la nature. Derrière son apparence décalée, ce courant soulève aussi une réflexion sur notre rapport au vivant et à l’environnement.
Entre démarche artistique, militantisme écologique et recherche de bien-être, l’écosexualité intrigue autant qu’elle amuse. Mais que signifie réellement ce mouvement ? Et pourquoi séduit-il de plus en plus d’adeptes sensibles à l’écologie et aux expériences sensorielles en pleine nature ?
Écosexualité : une vision écologique et sensorielle de la sexualité
Faire l’amour avec la Terre… au sens symbolique
Les relents New Age de l’écosexualité se retrouvent dans la figure de la Terre, centrale dans les deux courants. Mais là où Gaïa était pour les Hippies la Mère, elle devient pour les écosexuels l’amoureuse, pour peu qu’on lui attribue le genre féminin comme le firent les Grecs de l’Antiquité.
Faire l’amour avec la Terre est donc au centre de l’écosexualité, mais il ne faut pas comprendre par là des relations sexuelles au sens strict. L’idée est de développer une sexualité holistique axée sur les sensations, le rapport au corps, aux éléments naturels et à la planète.
Respirer profondément en forêt, marcher pieds nus dans l’herbe, ressentir le vent sur sa peau ou encore se baigner dans une rivière deviennent alors des expériences sensorielles et émotionnelles à part entière.
Une sexualité plus respectueuse de l’environnement
Les choix des activités des écosexuels tournent autour des éléments (air, terre, eau, feu), mais aussi de l’écologie au sens large. Préservatifs biodégradables, sextoys en bois ou rechargeables, lubrifiants naturels… l’acte sexuel, quand il est pratiqué, ne doit pas blesser Gaïa.
Cette approche rejoint plus largement les préoccupations liées à la consommation responsable et à la réduction des déchets dans l’intimité. Certains fabricants proposent désormais des produits plus durables, rechargeables ou conçus à partir de matériaux moins polluants.

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Un mouvement artistique, militant et provocateur
Annie Sprinkle et Beth Stephens à l’origine du mouvement écosexuel
Réellement établi par Annie Sprinkle et Beth Stephens, le mouvement écosexuel est bien plus qu’une simple nouvelle manière d’aborder la sexualité. Son esthétique kitsch et volontairement provocatrice le rapproche d’un mouvement culturel et artistique où l’absurde est assumé et revendiqué.
Le couple d’artistes américaines organise notamment des performances, des conférences et même des « mariages symboliques » avec la Terre, la mer ou les montagnes afin de sensibiliser le public à la protection de l’environnement.
Mais derrière l’humour et la dérision, la conscience écologique sous-jacente a de quoi interpeller, à l’heure où le monde court vers la catastrophe climatique.
Nature, plaisir et reconnexion au vivant
Il ne faut donc pas interpréter l’écosexualité comme « faire l’amour avec la Terre » au premier degré : un bain nu (ou non) dans une rivière, une roulade dans l’herbe ou simplement avoir les cheveux dans le vent peut déjà relever d’une forme d’écosexualité, dès lors que l’expérience procure du plaisir, du bien-être ou un sentiment de connexion avec la nature.
Cette philosophie rejoint également certaines pratiques de développement personnel et de slow life, qui valorisent le ralentissement, l’écoute du corps et l’immersion dans des environnements naturels pour réduire le stress du quotidien.

Relations sexuelles dans la nature : que dit la loi en France ?
Bien évidemment, certaines pratiques peuvent aller plus loin, comme avoir des relations sexuelles au grand air, dans une forêt ou sur une plage. Mais attention : en France, les rapports sexuels dans un lieu public peuvent être assimilés à de l’exhibition sexuelle et sanctionnés par la loi.
Le Code pénal prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende en cas d’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui.
Les passants n’ont probablement pas envie que la vue de vos galipettes leur soit imposée. La prudence et le respect de l’espace public restent donc essentiels.
Vers une écologie du bien-être et des émotions ?
L’écosexualité participe aussi à une tendance plus large : celle de la reconnexion au vivant dans une société de plus en plus numérique et urbaine. Face à l’anxiété climatique, à la surcharge mentale et à l’hyperconnexion, de nombreuses personnes cherchent aujourd’hui à recréer un lien plus sensible avec leur environnement.
Marcher en forêt, jardiner, observer les saisons ou pratiquer des activités en extérieur sont d’ailleurs souvent associés à une amélioration du bien-être psychologique et à une diminution du stress.
Sans forcément adhérer au mouvement écosexuel dans sa dimension militante ou artistique, beaucoup y voient finalement une invitation à ralentir et à renouer avec une nature devenue essentielle à notre équilibre.
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