Est-il possible de devenir locavore à 100 % ? Il faudrait pour cela que tout ce que l’on consomme soit produit, cultivé, élevé, transformé à moins de 160 km du lieu de consommation. Pas évident. En respectant au kilomètre près cette consigne, il faudra tirer un trait sur de nombreux produits qui entrent dans les repères alimentaires évidents : café, thé, épices exotiques… pour ne citer que ces denrées que l’on consomme partout et souvent quotidiennement.
Il est donc difficile d’adopter un régime à 100 % locavore sans renoncer à ces produits. Mais la réadaptation de son régime alimentaire à la localité et aux saisons apportera de nombreux bienfaits à votre organisme. Alors, comment devient-on locavore en hiver ?
C’est mon défi du mois.
Une volonté de mieux se nourrir et d’éviter les circuits de l’industrie agro-alimentaire
Le but de ce concept est de permettre une alimentation plus saine, en dehors des circuits de l’industrie agro-alimentaire pour revenir vers la paysannerie, et réaffirmer un lien plus direct entre producteur et consommateur.

Les fruits de saison ne sont pas les tomates en France à l’automne ! Pour la salade tentez le mélange panais/carottes râpées.
Car si l’on pense souvent qu’être locavore est interdépendant de la notion de « manger bio », la réalité est plus complexe. Si la philosophie locavore remporte un succès croissant, c’est surtout durant le printemps et l’été qu’elle occupe les esprits. En automne ou en hiver, les produits de saison attirent moins les consommateurs, qui se rabattent souvent sur les fruits et légumes importés (et colorés).
Faire confiance à la nature, vivre au rythme et au menu des saisons
Le fait de devenir locavore, même si l’on ne se restreint pas au 160 km de périphérie de consommation, signifie prendre conscience de trois choses.

Avec ces ingrédients de saison, il sera possible de faire un repas complet, entrée, plat et dessert.
Primo, la nature produit tout ce dont l’organisme a besoin en fonction d’une situation géographique et d’un climat. Ainsi, manger des potirons en France à l’automne est plus bénéfique pour la santé que d’ingérer… de l’ananas ou de la mangue par exemple.
Les nutriments et vitamines contenus dans un légume ou fruit de saison répondent à un besoin assez spécifique demandé par l’organisme.
Secundo, privilégier et être « consomm’acteur » des circuits de production locaux et plus respectueux de l’environnement sera bénéfique pour la planète, entrainant moins de dépenses de CO2 en acheminement des produits, n’encourageant pas la surexploitation des ressources et prônant une alimentation plus saine.
Tertio, le régime alimentaire devra être réadapté pour le bien de votre organisme. Si vous êtes un gros mangeur de viande, vous apprendrez à trouver des sources de protéines ailleurs et réduirez certainement la quantité de viande ingérée par semaine, à une ou deux fois. Vous ferez plus de place aux fruits et légumes, découvrirez des saveurs souvent oubliées et verrez que votre bien-être s’en ressentira.

Voici le menu : salade de carottes et panais rapés, omelette aux pommes de terre, et poire en dessert.
Où se fournir en nourriture locale ?
Arpenter les marchés locaux
Pour être sur de n’acheter que de produits locaux, il existe plusieurs solutions.
La plus simple est de discuter avec les maraichers du coin si vous avez l’opportunité d’arpenter un marché près de chez vous. Bien souvent ravis de parler à leurs clients, ces derniers vous informerons, si vous les sollicitez, de l’origine de leurs produits, et des conditions d’élevage ou de culture, mais aussi des recettes et méthodes de préparation des produits qui pourraient vous déconcerter. Vous réduirez ainsi également vos emballages. En allant au marché, prévoyez quelques sacs plastique ou en papier afin d’y placer les denrées. Réutilisez les tant que ce sera possible.

Saviez-vous que le radis noir, que l’on trouve actuellement sur les étals des marchés, est très riche en vitamine C ?
Se rapprocher des AMAP
Les AMAP sont un système de distribution locale privilégiant la vente directe entre le producteur et le consommateur. Il existe d’ailleurs un annuaire des AMAP permettant de repérer celles qui se trouvent à proximité de chez vous. Attention cependant, les lieux de production et de vente sont souvent distincts.
Le principe de l’AMAP est avant tout d’offrir une marge plus importante au producteur et des produits frais toute l’année au consommateur, cela en évitant les circuits de la grande distribution.
Avoir son propre potager, ou intégrer un réseau de Cocagne
Une excellente solution, pour peu d’avoir la place pour cultiver un petit bout de terre personnel. Sinon, il existe des jardins participatifs, partagés entre plusieurs agriculteurs-citadins soucieux de se nourrir des fruits de la terre qu’ils travaillent eux même. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
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