Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère inquiètent l’ONU : la lutte contre le réchauffement climatique patine.
Mauvaise nouvelle sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique : l’Organisation des Nations Unies (ONU) tire la sonnette d’alarme en amont de la COP26 de Glasgow qui aura lieu du 31 octobre au 12 novembre 2021. Les concentrations de gaz à effet de serre sont au plus haut : la lutte contre le réchauffement climatique en prend donc un coup.
Des inquiétudes sur la capacité de la planète à absorber le CO2
Le dioxyde de carbone (CO2) inquiète tout particulièrement l’ONU et sa branche de surveillance de l’atmosphère, l’OMM (Organisation météorologique mondiale) : les niveaux de concentration de ce gaz sont au plus haut. Et si la planète est en mesure de l’absorber, grâce à ce qu’on appelle des « puits de carbone », la puissance de ces derniers s’amenuise à cause de l’activité humaine. Ces puits, ce sont les forêts et les océans, durement impactés depuis des années.
L’Amazonie, surnommée le « poumon de la planète » du fait de son importance majeure dans la transformation et l’absorption du CO2, perdrait en effet de son efficacité. Une partie de cette forêt, estime l’OMM, est même devenue « une source de carbone » : au lieu d’absorber ce gaz, elle finit par en émettre.
Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM, ne laisse pas place au doute sur les causes de ce changement dramatique : « C’est alarmant et c’est lié à la déforestation dans la région ».
Une augmentation des températures de 4 degrés ?
Outre le CO2, le plus connu des gaz à effet de serre, les concentrations de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) sont également au plus haut. En 2020, selon le rapport de l’OMM, ces concentrations annuelles ont dépassé les concentrations moyennes de la période 2011-2020. Le réchauffement climatique risque même d’empirer par rapport aux prévisions, déjà catastrophiques, précédentes. Au point que Petteri Taalas n’y croit presque plus.

Pourtant on n’a pas de planète de rechange ! – © Jacob Lund
« Au rythme où augmentent les concentrations de gaz à effet de serre, l’élévation des températures à la fin du siècle sera bien supérieure aux objectifs de l’Accord de Paris, soit 1,5 à 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels. Nous sommes très loin du but. Si nous continuons à utiliser les ressources fossiles de manière illimitée, nous pourrions atteindre un réchauffement d’environ 4 degrés d’ici la fin du siècle », a-t-il prévenu dans le bulletin de l’OMM.
Illustration bannière : La hausse des concentrations de gaz à effet de serre va compromettre la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris, selon l’OMM – © Vitalii Vitleo