Sébastien Lecornu, tout juste nommé Premier ministre, a décidé de s’attaquer aux avantages dont bénéficient les anciens chefs de gouvernement, rapporte Ouest-France. Une annonce qui intervient dans un contexte de rigueur budgétaire, alors que l’exécutif cherche des milliards d’euros d’économies.
Pas de « retraite à vie » pour les ministres
Contrairement à une idée reçue, les anciens ministres et Premiers ministres ne disposent pas d’une « retraite à vie ». Comme les hauts fonctionnaires, ils cotisent pour leur pension, calculée en fonction de la durée passée au gouvernement : environ 10 000 euros brut par mois pour un ancien ministre et 15 000 euros pour un ancien Premier ministre. Ces rémunérations relèvent donc du droit commun de la fonction publique.
Des avantages matériels encore en vigueur
En revanche, certains privilèges demeurent. Les anciens Premiers ministres peuvent demander à bénéficier d’une voiture avec chauffeur. Ils ont aussi droit, pour une durée maximale de dix ans et jusqu’à 67 ans, à un secrétaire particulier, à condition de ne pas occuper déjà une fonction ouvrant droit à ce type d’assistance. En 2024, le coût de ces avantages s’élevait à 1,6 million d’euros pour l’État.
La protection policière, un privilège nécessaire ?
À cela s’ajoute une protection policière, jugée nécessaire en raison de l’exposition médiatique et des risques encourus par ces personnalités. Ce dispositif concerne à la fois les anciens Premiers ministres et les anciens ministres de l’Intérieur. En 2019, la seule protection des dix ex-chefs de gouvernement représentait 2,8 millions d’euros.
Les autres ministres, eux, ne disposent pas d’avantages pérennes. Ils perçoivent seulement trois mois de salaire à leur sortie du gouvernement, sauf s’ils retrouvent rapidement un poste. Ce dispositif compense l’absence de cotisations à l’assurance chômage.
Un symbole politique en débat
La volonté de remettre en cause ces dispositifs pourrait devenir un symbole fort d’équité et de transparence, mais aussi susciter des débats. Les partisans de la réforme dénoncent des privilèges coûteux et inadaptés à une époque de rigueur budgétaire. Les défenseurs des avantages invoquent la nécessité de protéger les anciens responsables et de préserver l’image de l’État.
Un bras de fer politique s’annonce donc autour de ces avantages d’un autre temps, désormais placés dans le viseur du gouvernement.
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