Les allergies au pollen des arbres, plantes, herbacées et graminées sont appelées pollinoses ou rhumes des foins. L’allergie pollinique, aussi appelée rhume des foins, rhinite allergique ou encore rhinite saisonnière, est une réaction du système immunitaire aux protéines, pourtant inoffensives, d’un ou plusieurs types de pollens.
Allergie au pollen : comprendre le rhume des foins et ses symptômes
Parmi les particules biologiques qui déclenchent des allergies, les pollens et les moisissures figurent parmi les principaux facteurs des allergies respiratoires. Nez qui coule, yeux qui piquent, éternuements à répétition, fatigue : l’allergie au pollen peut vite transformer le printemps en parcours d’obstacles.
Allergies, le saviez-vous ?
Une allergie peut se déclencher à n’importe quel âge. En France, le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) surveille le contenu de l’air en particules biologiques et mesure leurs conséquences sur la santé. En France, la part de personnes touchées par les allergies respiratoires a fortement augmenté en quelques décennies.
Il y a deux sortes de pollen : le pollen allergisant et le pollen peu ou pas allergisant. Le pollen allergique est libéré par certaines plantes et transporté par le vent ou, plus rarement, par certains insectes. Les symptômes d’une pollinose sont le rhume des foins, l’asthme ou encore la conjonctivite : des symptômes qui peuvent survenir au même moment chez une même personne.

Il existe différentes sortes de pollens – © Tenebroso
Comment reconnaître une allergie au pollen ?
Il faut savoir détecter une possible allergie. Les personnes sensibles aux pollens redoutent souvent l’arrivée du printemps, car elles connaissent les signaux d’alerte. Mais d’autres développent une allergie plus tardivement, ou ne sont pas suivies, parce qu’elles confondent leurs symptômes avec un simple rhume.
Les pollens provoquent des affections d’apparence banale, mais elles peuvent être parfois sévères, voire invalidantes :
- rhinites, avec écoulement souvent abondant et obstruction nasale ;
- conjonctivites, avec larmoiement, rougeurs et démangeaisons ;
- oppression thoracique ou respiration sifflante, asthme, avec diminution du souffle ;
- fatigue, maux de tête, manque de concentration ou d’attention, souvent liés à un sommeil perturbé par la rhinite ;
- manifestations cutanées avec aggravation de certains eczémas, plus rarement oedèmes et urticaires.
Le réflexe utile : si les symptômes reviennent chaque année à la même période, s’aggravent dehors ou diminuent après la pluie, une allergie au pollen est possible. Un avis médical permet de confirmer le diagnostic et d’éviter qu’une rhinite allergique ne s’installe durablement.
Pourquoi les allergies aux pollens augmentent avec le changement climatique ?

Certaines plantes sont particulièrement allergisantes – © Ruediger Hirt
Le changement climatique modifie les saisons polliniques. Des températures plus douces favorisent une floraison plus précoce et peuvent allonger la période d’exposition aux pollens. Résultat : les personnes allergiques peuvent être gênées plus tôt dans l’année, et parfois plus longtemps.
Une chercheuse spécialisée (1) atteste de l’influence du réchauffement sur le phénomène des allergies : « J’ai trouvé 2.700 grains de pollen par m³, c’est un record qui, de plus, arrive beaucoup plus tôt que d’habitude. Et cela fait environ 15 ans que les végétaux libèrent les pollens une dizaine de jours plus tôt que la normale. Comme la pollinisation est favorisée par le beau temps, cette précocité est certainement due aux changements climatiques ».
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Pollution atmosphérique et pollen : un duo qui aggrave les allergies
Si le nombre d’allergies aux pollens a fortement progressé, le climat n’est pas seul en cause. De nos jours, nos intérieurs sont très aseptisés : en conséquence, les enfants sont parfois moins exposés à certains micro-organismes, ce qui pourrait influencer l’équilibre du système immunitaire et la sensibilité aux allergies.
La pollution atmosphérique amplifie aussi les symptômes de l’allergie. Elle irrite les voies respiratoires et peut fragiliser les pollens, qui libèrent alors plus facilement des protéines allergènes. Les pics de pollution et les pics polliniques forment donc un cocktail redoutable pour les personnes sensibles.

La pollution favorise l’allergie au pollen – © Zhuravlev Andrey
Allergie au pollen ? À savoir
Un bel ensoleillement entraîne un déclenchement précoce de la pollinisation. Au contraire, un hiver froid avec des épisodes de gel retarde la croissance des plantes et le début de la pollinisation.
La pluie empêche la libération des pollens et leur dispersion par le vent.
Un vent modéré maintient les grains en suspension dans l’air et favorise leur concentration.
Que faire en cas d’allergie au pollen ? Les gestes à adopter au quotidien
Les allergies aux pollens peuvent sévir de février à septembre, car la pollinisation est plus ou moins précoce selon les régions et selon les espèces végétales. Pour limiter l’exposition et réduire les symptômes, quelques habitudes simples peuvent vraiment aider.
Le protocole anti-pollen à la maison et dehors
Le mode d’emploi : l’objectif n’est pas de vivre fenêtres closes tout le printemps, mais de réduire les moments où les pollens entrent en contact avec les yeux, le nez, les bronches et les textiles.
- consulter les bulletins pour connaître les pics de pollution aux pollens (rnsa.asso.fr) : avec les indications sur les principaux taxons (pollens correspondant à une famille botanique) et le risque d’exposition allergique aux pollens chiffré de 0 (nul) à 5 (très fort) ;
- ne pas laisser une allergie s’installer : elle pourrait évoluer vers un asthme ou aggraver un asthme existant ;
- vérifier auprès d’un médecin l’utilisation d’un antihistaminique, d’un spray nasal adapté ou de corticoïdes dans certains cas ;
- porter un masque et des lunettes de soleil lors des pics de pollens ;
- se laver les mains, le nez, le visage et les yeux à grande eau très régulièrement ;
- se laver les cheveux après avoir passé du temps à la campagne, dans un parc ou un jardin, et également le soir pour éviter que les allergènes se déposent sur l’oreiller ;
- rouler fenêtres fermées en voiture ;
- fermer les fenêtres aux heures les plus exposées et utiliser, si nécessaire, un filtre anti-particules ou un purificateur d’air ;
- faire le ménage et dépoussiérer votre logement régulièrement, idéalement avec un chiffon humide ;
- éviter les zones riches en dioxyde de carbone et polluants atmosphériques, comme les grands axes routiers, parkings et centres-villes très circulés ;
- utiliser un diffuseur d’huiles essentielles pour assainir l’air intérieur : huile essentielle d’eucalyptus, de lavande, de laurier, d’estragon.
Attention aux huiles essentielles : elles ne conviennent pas à tout le monde, notamment aux femmes enceintes, aux jeunes enfants, aux personnes asthmatiques ou épileptiques. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé avant diffusion ou application.

Allergie au pollen : les erreurs à éviter pendant les pics polliniques
Si vous vous savez allergique aux graminées, arbres et herbacées, il y a des comportements à adopter, mais aussi des réflexes à éviter. Certains gestes du quotidien, parfaitement anodins en apparence, peuvent charger vos vêtements, vos cheveux ou votre intérieur en allergènes.
Les situations à limiter quand le risque pollinique est élevé
Le protocole : en période de pic, mieux vaut réduire les expositions inutiles, surtout en milieu de journée et par temps sec, chaud et venteux.
- éviter de tondre la pelouse ou de vous balader sur un terrain fraîchement tondu ;
- éviter de faire du sport ou une activité physique de plein air lors des pics de pollens annoncés ;
- ne pas faire sécher vos vêtements en extérieur : ils pourraient se charger d’allergènes présents dans l’air ;
- éviter d’aérer votre domicile en début et milieu de journée. Préférez l’aube et la tombée de la nuit.
Filtre HEPA : utile en cas d’allergie ?
En cas d’allergie et à l’approche du printemps, il est conseillé d’aérer quotidiennement son logement, mais aussi d’effectuer minutieusement les poussières pour éviter la présence de trop nombreux allergènes à domicile.
Pour un nettoyage plus efficace, et pour un air mieux filtré, il est conseillé d’opter pour un aspirateur avec filtre HEPA. Ce dernier filtre plus finement l’air, emprisonnant plus d’acariens, de particules et d’allergènes, qui ne sont pas remis en suspension dans l’air. Le filtre HEPA est recommandé aux personnes allergiques.
Comment soulager naturellement une allergie au pollen déclarée ?

Il existe des remèdes naturels anti allergie pollen – © Joy_Studio
Pour soulager les symptômes dus aux allergies, certains aliments peuvent soutenir l’organisme grâce à leurs apports en antioxydants, vitamines et composés anti-inflammatoires. Ils ne remplacent pas un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire, mais peuvent s’inscrire dans une hygiène de vie favorable.
Les aliments à privilégier en période d’allergies saisonnières
La recette de base : une assiette simple, riche en végétaux variés, avec des aliments peu transformés et des sources régulières d’antioxydants.
- l’ail et les aliments riches en antioxydants comme la quercétine (de la famille des flavonoïdes), un pigment réputé pour ses vertus anti-inflammatoires : oignons, baies, brocolis, haricots verts, thé noir, vin rouge, millepertuis, pommes non pelées…
- les aliments riches en vitamine E : légumes à feuilles vertes, fruits à coques, graines…
- les aliments fermentés : kéfir, choucroute, kombucha…
Conseil pratique : en période de rhume des foins, pensez aussi à bien vous hydrater et à limiter l’alcool, le tabac et les irritants atmosphériques. Une muqueuse déjà irritée réagit souvent plus fortement aux pollens.
Remèdes naturels contre les allergies : les précautions à connaître
Les solutions naturelles peuvent accompagner la prévention ou le confort respiratoire, mais elles doivent être utilisées avec prudence. Naturel ne veut pas dire sans risque, surtout en cas d’asthme, de traitement médical, de grossesse, d’allaitement ou chez l’enfant.
Autres solutions naturelles pour prévenir et soulager
- la nigelle : souvent présentée comme un antihistaminique naturel, elle est utilisée sous forme de graines, d’infusions, d’inhalation, d’huile classique ou essentielle associée au miel ;
- l’huile complète de périlla, synergie entre l’huile végétale issue des graines de la plante et l’huile essentielle provenant de ses feuilles, est reconnue pour ses propriétés antiallergiques et anti-inflammatoires. On peut la trouver sous forme de capsules ;
- l’argent colloïdal, un oligo-élément naturel aux propriétés antimicrobiennes, dont le rayon d’action s’étend des problèmes de peau à la sphère ORL. Pour soulager les symptômes des allergies, il est parfois utilisé en vaporisation dans le nez ou sur les zones irritées.
Mise en garde : en cas de gêne respiratoire, sifflements, crise d’asthme, gonflement du visage ou aggravation rapide des symptômes, consultez sans attendre. Les remèdes naturels ne doivent pas retarder une prise en charge médicale.
Pour plus de conseils sur les nombreuses utilisations de l’argent colloïdal en cas d’allergies, rendez-vous sur le site du laboratoire familial Bio Colloïdal France, fabricant établi depuis 2010.
Bonus : jardiner et vivre avec les pollens sans aggraver son allergie
Quand on est allergique, il n’est pas nécessaire de renoncer au jardin ou aux balades. Il faut surtout mieux choisir ses moments, ses gestes et, si possible, les plantes qui entourent la maison.
Alternative écologique : réduire les pollens allergisants autour de soi
Le bon réflexe : privilégier une végétation diversifiée, éviter les haies composées d’une seule essence très allergisante et limiter les tontes rases répétées, qui fragilisent la biodiversité tout en remettant parfois des particules en suspension.
Dans un jardin, mieux vaut alterner arbustes, fleurs mellifères, couvre-sols et zones moins tondues. Cette diversité favorise les insectes pollinisateurs, limite les surfaces de graminées très exposantes et rend l’espace plus résilient face aux sécheresses. Pour les personnes très sensibles, il est aussi préférable de jardiner après une pluie légère, avec lunettes, masque et lavage des cheveux le soir.
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