L’Europe politique et institutionnelle a du mal à avancer mais l’Europe pratique continue, et en l’occurrence dans le bon sens quand il s’agit de mettre fin à la multiplicité de normes techniques qui coûtent cher au consommateur européen. La commission européenne vient d’annoncer tout un ensemble de mesures visant à développer le parc des voitures propres.
La voiture propre séduit, mais…
L’Europe et chacun des gouvernements qui la constituent tentent d’encourager les automobilistes à rouler plus propre.
Diverses mesures ont donc été mises en places, telles que le bonus écologique chez nous par exemple. En vigueur depuis 2008, il consiste à verser une prime au futur acquéreur d’un véhicule émettant le moins de CO2. Le montant est fonction des émissions de CO2/km calculées pour la voiture concernée. Pour les voitures hybrides et électriques, on bénéficie même d’un petit coup de pouce supplémentaire avec le super bonus !
Ces mesures incitatives semblent séduire les Français et les Européens, qui malgré la crise, semblent attirés par l’électrique ou l’hybride.
Si le marché n’a pas encore explosé, on s’attend à une belle percée des véhicules propres pour cette année. Ainsi, les ventes de voitures électriques pourraient passer de 5 000 en 2012, à 27 000, en 2013. L’augmentation serait liée au relèvement de l’aide qui passe de 5 000 à 7 000 euros.
Mais pour que les automobilistes européens optent en masse pour l’électrique ou l’hybride, il va falloir que l’Etat et l’Europe se mobilisent davantage. Si des mesures ont déjà porté sur les carburants ou les véhicules eux-mêmes, elles sont insuffisantes et parfois mal coordonnées.
Les bornes de recharge sont trop rares !

Moins de 12.000 bornes de recharge sont installées dans l’UE.
La semaine dernière, Bruxelles faisait l’annonce d’une stratégie ambitieuse pour encourager l’achat de véhicules propres. Pour la commission européenne, les faibles ventes de véhicules à « carburant propre » ne s’expliquent pas uniquement par leur prix élevé. Selon elle, la difficulté à trouver des bornes de recharges et de stations de ravitaillement compte tout autant.
On se retrouve donc inéluctablement dans un cercle vicieux : on ne construit pas assez de stations et bornes de recharges parce que le parc automobile est trop petit ; les ventes sont peu nombreuses donc les véhicules restent chers ; la demande est toujours faible à cause du coût élevé, donc on ne construit pas de stations…
La Commission a donc décidé de s’attaquer au problème des stations trop rares en imposant aux Etats membres un ensemble d’objectifs contraignants en matière d’infrastructures destinées aux carburants propres. Elle va ainsi établir des normes communes applicables aux équipements en électricité, hydrogène et gaz naturel dans toute l’Union européenne.
Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne chargé des transports, a déclaré à ce sujet : «Le développement de carburants innovants et de substitution est un moyen évident de rendre l’Europe plus économe en ressources, de réduire notre trop grande dépendance au pétrole et de promouvoir une industrie des transports qui soit prête à répondre aux exigences du 21e siècle. D’ici 2020, le nombre de véhicules électriques en circulation en Chine et aux États-Unis devrait atteindre plus de 6 millions au total, selon les projections de ces deux pays. C’est pour l’Europe une excellente occasion de se positionner solidement sur un marché mondial en plein essor.»
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