La hausse des prix de l’énergie et particulièrement des renouvelables, a contraint certains petits fournisseurs à faire l’impasse sur leur positionnement anti-nucléaire afin d’éviter la faillite.
Les petits fournisseurs d’électricité verte en France font face à un choix cornélien qui risque de leur porter préjudice : alors qu’ils affichaient leur opposition au nucléaire, qu’ils considèrent comme une énergie non renouvelable, ils ont dû se résoudre à en acheter pour la revendre à leurs clients. Un paradoxe lié à la hausse des prix sur le marché…
Enercoop et Ilek souscrivent à l’électricité nucléaire d’EDF
Après avoir massivement communiqué sur l’origine 100 % renouvelable de leur électricité, tout en dénonçant même la vente d’énergie nucléaire de la part d’autres fournisseurs qui se présentaient comme « verts » : Ilek et Enercoop ont dû changer leur manière de travailler. Ils vont tous deux faire appel à leur tour à l’énergie nucléaire. Pour Ilek, c’est déjà même le cas en 2022.
Enercoop, de son côté, a annoncé avoir souscrit à l’énergie nucléaire d’EDF, dans le cadre du mécanisme de l’Arenh, pour 2023. Une décision qui reste soumise à l’adoption de la part des sociétaires d’Enercoop lors de l’Assemblée Générale du 18 juin 2022.
Si la décision est adoptée, en 2023, les deux fournisseurs d’énergie verte vont donc bien vendre à leurs clients de l’électricité d’origine nucléaire, malgré leurs promesses et, surtout, leur positionnement anti-nucléaire pour lequel ils ont souvent été choisis. Les prix de l’énergie 100 % renouvelable sont en effet généralement un peu plus élevés que ceux proposés par EDF et ses concurrents traditionnels : les clients ont donc fait un choix politique et non économique.

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Les producteurs d’énergie renouvelable augmentent leurs tarifs
Si Enercoop et Ilek se retrouvent dans cette situation paradoxale, c’est essentiellement à cause du marché de l’énergie qui a vu les prix exploser sur fond de relance économique et industrielle et de guerre en Ukraine. Les producteurs d’électricité renouvelable en ont profité pour augmenter leurs propres tarifs de vente, devenus trop élevés pour que les fournisseurs puissent maintenir les prix des contrats des clients.
L’autre solution aurait été d’augmenter les prix pour le client final, quand cela est possible, ou bien de faire faillite. Car la différence est conséquente : avec l’Arenh, l’énergie électrique d’origine nucléaire coûte 42 euros le MWh alors que le prix de marché pour l’électricité d’origine renouvelable est cinq fois plus élevé, approchant les 200€/Mwh…