Poursuivons notre revue des bonnes nouvelles avec la découverte d’un centre commercial tout à fait original qui a ouvert en février 2013. Pour la première fois en France, un supermarché propose à ses clients de payer « ce qu’ils peuvent » en fonction de leurs moyens. Une manière originale d’appliquer le principe du « reste pour vivre ».
Un supermarché solidaire aux prix variables
Dans cette cité du Val-de-Marne de 200 000 habitants, Limeil-Brévannes, la vie est relativement paisible mais la ville est confrontée à de grosses difficultés économiques.
Dans ce quartier, où le chômage touche 20 % des ménages, la place des Tilleuls était à l’abandon depuis plusieurs années. La régie de quartier Limeil Brévannes Services +, en charge de créer du lien social et de favoriser l’insertion avec des emplois aidés, a décidé de redonner vie à la galerie marchande : celle-ci, située en Zone Urbaine Sensible, avait perdu ses commerces traditionnels. C’est donc au coeur du centre commercial des Tilleuls dans le quartier de Saint-Martin, (« Seima » comme l’appellent les jeunes) qu’est né « Panier plus », épicerie sociale et solidaire d’un nouveau genre.
L’esplanade avait commencé à retrouver un semblant d’activité en 2009 avec la création du centre commercial à ciel ouvert « Eco-sol ». Une première commerce a ouvert : une friperie pour adultes, puis une autre pour enfants. L’activité des friperies concerne surtout les collectivités locales telles que la Ville de Limeil Brévannes, les communes environnantes (Palaiseau, Villeneuve-le-Roi’). Les bâtiments ont été mis gratuitement à disposition par Batigère-IDF, le bailleur social.
A aussi ouvert, une une laverie à bas coût dans l’arrière-boutique. Le magasin, qui fait aussi office de relais colis inaugurait la politique de reconversion du centre commercial menée par la régie de quartier. Le prix très abordable des services proposés (2 € le kilo de linge lavé et repassé) permet aux des habitants du quartier d’y avoir recours.
Stéphane Bayet, de la régie de quartier, à l’initiative du projet
Carte + ; chacun paye en fonction de ses moyens
Une épicerie a ouvert ses porte en 20123, sur la place des Tilleuls. A priori pas de quoi faire la Une de consoGlobe. Pourtant ce commerce a une ambition et une originalité remarquables en proposant des prix « solidaires » à la tête du client, ou plutôt, adaptés au porte-monnaie du client.
Les 3 axes du projet
L’axe Economique et solidaire : les personnes les plus pauvres ou les plus fragiles se voient décernées un carte spéciale, la « Carte plus », par un comité d’éthique des services sociaux de la ville.
Grâce à cette carte +, le magasin suit une politique de tarifs sociaux. Les clients les moins aisés peuvent bénéficier de réductions allant jusqu’à 75 % du prix affiché. Le financement de la Carte + repose sur le principe de solidarité entre consommateurs. Pour faire simple, pour 3 consommateurs qui paient le prix « normal » chez Panier +, une Carte + est débloquée.permettant d’acheter les mêmes produits à des prix adaptés.
Les tarifs pratiqués seront modulés en fonction du « reste à vivre » de chaque ménage, c’est-à-dire le solde entre les ressources et les charges fixes du foyer. Le paiement est discret et seul le client est informé du prix. «Les paiements s’effectueront à l’aide de cartes électroniques, le caissier lui-même ne verra pas qui paye quoi. C’est une bonne manière d’éviter les stigmatisations» explique un promoteur du projet.
L’axe Environnemental : un commerce approvisionné en circuit court :
Le supermarché « Panier + », propose surtout des produits frais et bio (ou raisonnés), fournis par des producteurs d’Ile-de-France, en privilégiant les circuit courts, l’élevage raisonné et l’agriculture biologique, ouvrira ses portes en novembre 2012. D’ailleurs, un jardin solidaire de 2 hectares, situé tout près, doit alimenter en partie le magasin. «On nous fait de grands discours sur le besoin de manger plus sainement, mais ce n’est pas à la portée de tout le monde, estime Stéphane Bayet, directeur de la régie de quartier Services plus. Là, nous allons offrir aux gens cette possibilité.»
L’axe Social : parce que bénéficiant du statut ACI (Atelier- Chantier d’Insertion), favorisant l’inclusion sociale de ses employés qui auront chacun un contrat de travail de 2 ans maximum, avec formation et accompagnement personnalisé, dans le but de trouver par la suite un emploi durable sur le marché du travail classique. D’autres commerces sont annoncés entre 2013 et 2014. Les 2 friperies (enfants et adultes) sont des chantiers d’insertion. L’ensemble du centre commercial devrait faire travailler de 30 à 60 personnes en contrat unique d’insertion.