Des corps qui ne finissent plus en poussière et ne retournent pas à la terre nourricière ?! Ou plus exactement qui se décomposent beaucoup plus lentement. La faute aux conservateurs, et spécifiquement à ceux présents dans notre alimentation ? Bigre ! Alors que notre ligne éditoriale est de vous faire découvrir qu’on peut « vivre mieux », faisons ici une exception pour vous montrer qu’on peut aussi mourir mieux…
Pallier la décomposition naturelle plus lente
Quelles que soient les causes freinant la décomposition, il faut en tout cas trouver des solutions pratiques.
Faire circuler l’air
Dans le sol, par exemple avec de nouveaux caveaux : des cercueils entreposés dans un sarcophage de béton pour faire diminuer le temps de décomposition à douze ans avant que le caveau ne soit réutilisé.
Cette idée ne plaît forcément pas à tous, impliquant le partage d’un caveau par plusieurs générations.
Employer des cercueils en pin
…qui se décomposent plus rapidement que les bières en chêne. Certains cimetières allemands envisagent même d’inhumer des corps dans des sacs de toile. Certains cimetières « bio », en pleine nature, voient le jour dans certains Länder allemands.

Choisir des cercueils en matières plus facilement biodégradables – © Robert Hoetink
Creuser des tombes plus profondes
Une solution adoptée dans plusieurs cimetières allemands et autrichiens.
Accélérer le processus chimique
Une solution proposée par une entreprise norvégienne qui propose d’injecter des produits chimiques pour accélérer la décomposition. Et rendre les sols encore plus pollués ?…
Augmenter les incinérations
Cette solution ne plaît pas non plus à tous.

L’incinération n’est pas une solution qui plait à tous et a un impact sur l’environnement – © JGA
Technique encore interdite en France, l’humusation fait son chemin dans certains pays du monde : aussi appelée recomposition, elle vise à transformer le corps mort en compost humain, en utilisant des micro-organismes… comme au jardin !
Revoir la thanatopraxie
Des études, notamment en Amérique du Nord, ont montré qu’elle serait en effet en partie responsable du problème de décomposition. Les produits utilisés pour embaumer les corps comportent des composants toxiques (formaldéhyde, paraformaldéhyde, fongicides, bactéricides, virucides, biocides, …) dont certains pourraient directement ralentir la décomposition du corps.
Qu’est ce que la thanatopraxie ?
Il s’agit, selon le Larousse, de la « méthode permettant de retarder le plus longtemps possible la décomposition des cadavres par des techniques d’embaumement ».
Les produits utilisés pour l’embaumement ou la thanatopraxie, visant à rendre présentables les corps avant la mise en bière (donc à le conserver, même si cette conservation est supposée être limitée dans le temps), posent un problème environnemental, y compris en cas d’incinération puisque les installations pouvant filtrer les toxiques – comme le plomb ou le mercure – sont rares.

Funérailles écologiques – pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète – guide de survie en milieu funéraire, de Laetitia Royant et Brigitte Lapouge
Lorsque nous sommes confrontés à la mort d’un proche, mille questions se posent aussi bien pour l’organisation des obsèques que pour les choix à faire, en particulier si l’on est dans une approche respectueuse de l’environnement.
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Article republié
Illustration bannière : Cimetière – © Robert Hurworth