Climat : des billets d’avion vendus pour ‘nulle part’

Qui l’eût cru. Alors que de nombreux pays s’engagent à atteindre la neutralité carbone, des billets d’avion sont désormais proposés pour un voyage vers « nulle part » afin de faire face à la crise du Covid-19.

Rédigé par Stéphanie Haerts, le 26 Sep 2020, à 12 h 24 min

En pleine crise climatique, c’est un vol étonnant que proposent certaines compagnies aériennes. Les voyageurs sont emmenés au départ de Sydney pour revenir au même point de départ, Sydney.

Les compagnies aériennes en difficulté sont prêtes à tout !

C’est peut-être un comble en 2020, mais certaines compagnies aériennes ont eu l’idée en pleine pandémie de Covid-19 de proposer à leurs clients un système de voyage en avion pour aller nulle part.
Le principe est plutôt simple. Il s’agit de partir d’un point pour revenir exactement au même endroit plusieurs heures plus tard. La compagnie aérienne australienne Qantas emmène ainsi ses voyageurs pour sept heures de vol, afin de pallier l’arrêt des vols internationaux.

En Australie comme ailleurs dans le monde, les compagnies aériennes se retrouvent en grandes difficultés financières, de nombreux avions étant cloués au sol. Le pays qui a fermé ses frontières pour faire face à la pandémie doit se limiter aux vols intérieurs.
La compagnie Qantas a perdu plus de 1,2 milliard d’euros depuis le début de la pandémie.

Payer pour voler en boucle : une aberration mais qui fonctionne !

C’est ainsi que le 18 septembre, 130 personnes ont déjà déboursé entre 500 et 2.300 euros pour faire un vol vers « nulle part ».

billet avion australie visite

Retour au point de départ – © JenWalters

En moins de 10 minutes, les vols étaient complets. « Nous savions que ce vol serait populaire, mais nous ne nous attendions pas à ce qu’il se vende en 10 minutes » a indiqué un porte-parole de Qantas.
Le PDG de la compagnie aérienne australienne a déclaré dans un communiqué  : « C’est probablement le vol le plus vendu de l’histoire de Qantas. Cela manque clairement aux gens de voyager et de vivre l’expérience de voler »(1).
Pour cette somme, les voyageurs pourront observer les paysages magnifiques de l’Australie comme la Grande Barrière de Corail et Ayers Rock. Ils pourront également admirer Kata Tjuta, Byron Bay, Bondi Beach et le port de Sydney. Et pour tout cela, pas besoin d’enregistrer de bagage puisqu’ils reviendront à l’endroit initial.

La compagnie a également indiqué que l’avion pourrait voler à 4.000 pieds afin de laisser aux passagers le temps d’admirer les joyaux de l’Australie. Le capitaine David Summergreene qui pilotera l’avion le 10 octobre est de son côté très heureux de voler à nouveau après des mois hors du cockpit. « Cela me ramène à l’époque où j’ai appris à voler et où nous étions dans des avions légers volant à très basse altitude » a-t-il déclaré.

Seulement, cette pratique que d’autres compagnies telles que Singapore Airlines, Taiwan Airlines ou encore Japan Airlines ont déjà essayée pose question.

Les compagnies aériennes et l’écologie ne vont pas de pair

billet avion australie visite

Cette pratique pose des questions d’ordre éthique et écologique – © The Atlas of Photos

La crise du Covid-19 a fait évoluer les consciences ces derniers mois. Alors que le secteur aérien a un impact néfaste sur l’environnement, ces vols surprennent beaucoup.

Karima Delli, militante et membre du parti Europe Écologie Les Verts a d’ailleurs twitté en réaction à ces vols inédits : « Dites-moi les compagnies aériennes, les vols pour nulle part, c’est pour mieux observer les incendies vu du ciel ou assister en direct à la mort des barrières de corail ? Il faut cesser cette aberration écologique ! ».

Face aux nombreuses réactions, une porte-parole de Qantas s’est justifiée en indiquant que la compagnie avait acheté des compensations carbone pour réduire l’impact du vol de sept heures. Mais ces arguments restent insuffisants face à la pollution générée par les avions.

Il faut rappeler que les vols commerciaux ont émis 918 millions de tonnes de CO2 en 2018. Cela représente 2,4 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Ce type d’expérience est pour l’instant cantonné à l’Asie mais l’idée pourrait bien finir par s’exporter en Europe.

Illustration bannière : Vol au-dessus de la baie de Sydney en Australie – © pisaphotography
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